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Aux yeux des vivants (Among the Living): lettre d'amour au cinéma des années 1980
6.8Note Finale
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Alors qu’ils font l’école buissonnière pour leur dernier après-midi d’école avant les grandes vacances, trois jeunes adolescents décident d’aller s’amuser dans les vestiges déserts d’un ancien studio de cinéma. Ils vont rapidement comprendre leur erreur lorsqu’ils feront la rencontre de la famille désaxée qui y vit.

Après À l’intérieur et le sous-estimé Livide (dont le plus récent Don’t Breathe semble grassement inspiré), Julien Maury et Alexandre Bustillo remettent ça pour un troisième long-métrage rempli de nostalgie envers la décennie cinématographique des années 1980. Bravo à Shudder qui offre le film en exclusivité. Si vous avez à cœur les grands classiques populaires de l’époque, Aux yeux des vivants deviendra un réservoir de références excessivement ludiques.

Il faut bien admettre que plusieurs invraisemblances majeures dans le scénario empêchent la pâte de lever comme elle aurait dû le faire. Certains dénouements semblent plus artificiels. Pourtant, le film génère plusieurs excellents moments de terreur. Pas assez longs, certes, mais cela demeure louable. Par ailleurs, ce choix narratif des cinéastes de montrer la violence faite aux enfants de manières graphiques, lorsqu’elle provient de leurs parents, mais d’être plus hésitant à montrer les garçons confrontés aux attaques du tueur, donne une résonance souvent incongrue. C’est pourtant un moyen de la part des cinéastes non seulement de montrer qu’ils peuvent offrir quelque chose de différent, mais aussi une manière assez subtile de séparer le cinéma de la vraie vie. La violence plus réaliste du scénario fait place à une réelle monstration. Est-ce un moyen de dire que ce n’est pas les monstres fictifs qui peuvent faire du mal, mais ceux que l’on confronte dans notre vie?

Par ailleurs, le profil psychologique que l’on dresse des trois jeunes est aussi intéressant. Ils ont tous un bagage chargé de réflexions et l’un d’eux envisage même un acte parricide pour échapper à sa violence quotidienne. L’aspect visuel est très travaillé et emprunte à différents types de films d’épouvante. On retrouve le côté esthétique poisseux de longs-métrages comme The Texas Chainsaw Massacre, pour emprunter ensuite certains éclairages blafards propres cinéma italien. On peut affirmer avec conviction que les cinéastes connaissent leurs classiques. La réalisation est techniquement compétente et les trois jeunes acteurs sont très bons.

S’il se veut le moins réussi et le plus brouillon des films du duo, Aux yeux des vivants possède un véritable charme et risque de plaire aux nostalgiques. Reste à souhaiter que le duo corrige certains bémols pour leur prochain Leatherface, qui doit sortir en octobre prochain.

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