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C’est le week-end dernier qu’avait lieu la dixième édition du Comiccon annuel de Montréal. Pour célébrer en grand cette décennie, l’équipe a vraiment mis le grappin sur des invités cinq étoiles. Il faut bien admettre qu’en guise de brochette d’invités, ils nous ont offert la meilleure prise depuis l’inauguration de l’événement. En feuilletant la liste des vedettes sur place, on aurait presque pu prendre Montréal pour San Diego ou même Toronto.

On peut louer la diversité de certains panels, même si le Q&A de The X-Files, maquillé d’un autre titre pour nous faire avaler sa tarification démesurée, aurait eu avantage à être plus accessible pour quiconque avait déjà acheté un billet. Ce n’était tout de même pas un spectacle.

Là où le bât blesse, quand on compare l’événement aux plus grosses conventions, c’est qu’exception faite des vedettes, il n’y avait pas suffisamment d’attractions pour y passer trois jours. On nous recycle les mêmes boots de Star Wars qui sont là à chaque année, et on a la chance de revoir un des robots Dalek ou encore le super véhicule Kitt de la série culte Knight Rider. On a vite ce sentiment que ce Comiccon n’a aucun dessein publicitaire pour des produits à venir…

À Toronto, les non-gamers faisaient la file pour aller se faire photographier la tête près d’une guillotine servant d’outil promotionnel à Assassin’s Creed. Qui n’aime pas entrer dans une maison hantée à l’effigie de IT, dans un couloir sombre à la sauce Sin City, se faire attraper par la poupée Annabelle, visiter un avion bourré de zombies ou même marcher dans l’entrepôt de Ash, remplie de tronçonneuses? On refait des décors promotionnels entiers et les geeks hystériques que nous sommes en profitent. L’ensemble sert évidemment à nous vendre des trucs, mais on a envie de rester quatre jours au Fan Expo de Toronto. À Montréal, une journée suffit amplement. C’est davantage un très gros marché aux puces qu’un lieu rempli d’attractions. Les organisateurs auraient avantage à aller chercher des commanditaires et remplir la baraque d’attractions publicitaires de la sorte.

Par ailleurs, les fans d’horreur peuvent certainement déplorer la mort de la section Necropolis, inauguré par le magazine Rue Morgue au dernier Comiccon, qui n’aura finalement duré qu’une année. Si vous souhaitez voir des icônes hollywoodiennes, c’est parfait, mais si vous aimez davantage discuter avec des artistes qui ont voué leur carrière à l’horreur (Comme Tony Todd ou Adrienne Barbeau l’an dernier), il faut oublier cela. Alors que la science-fiction domine de plus en plus, on sent l’horreur s’effacer lentement. Si on nous proposait un kiosque de films cultes plus extrêmes, comme Arrow ou Vinegar Syndrome, on pourrait au moins aller y faire des provisions. À ce titre, il faut saluer l’équipe de Black Flag Pictures, devenant la seule table à comprendre ce que souhaitent les fans d’horreur.

Cette mouture du Comiccon de Montréal (le plus mal organisé, en général) propose tout de même une amélioration dans sa gestion. Évidemment, le Palais des Congrès reste un choix d’endroit très discutable et malgré le fait que le bâtiment prône un accès aux personnes à mobilité réduite, est-ce si véridique? Comme chaque année, il était possible de voir des gens marchant avec une canne maudirent l’insouciance des volontaires leur indiquant de mauvaises directions. Lors de chacune de mes visites à cette même convention, je suis témoin de manèges semblables, que je n’ai vu nulle part ailleurs. L’événement est-il uniquement pour des adolescents en forme? Je me posais la question l’an dernier, et tout comme l’événement dont je traite, il me semble recycler mes arguments. La question se pose réellement. Des gens handicapés, avec ou sans accompagnateur, doivent avoir un mal fou à déambuler dans les couloir du Palais ne serait-ce que pour pénétrer sur le site. Le Comiccon devrait y remédier et en profiter pour interdire les ascenseurs étroits à quiconque peut se déplacer sur ses jambes. L’organisation de l’événement pense peut-être que les gens sont assez respectueux pour le faire d’eux-mêmes, mais ils ont tort.

Si vous étiez tout près des cabines de photos samedi dernier, vous avez peut-être été témoin du malaise de cette jeune femme enceinte qui voulait s’asseoir au sol, en attendant les ambulanciers, alors qu’un volontaire lui a hurlé bêtement qu’il fallait rester debout dans ce secteur. Personnellement, chers lecteurs, je visite une panoplie de conventions depuis 2005 et ce comportement carrément indécent pourrait concourir au titre de la pire attitude perçue dans ce genre d’événement. Même avec une insistance de la dame qui expliquait sa condition (pourtant visible), on insistait pour qu’elle dégage la place. Heureusement, la future maman ne s’est pas laissée faire et un groupe de festivaliers s’est mis à réprimander ce volontaire.

Cela dit, on ressent malgré tout qu’on tente des changements et, règle générale, les responsables étaient courtois. Je discute avec plusieurs responsables et j’aime faire office de client mystère en les questionnant, ou en discutant avec eux. Je vous assure que l’organisation est bien mieux qu’autrefois. À défaut de nous offrir des restaurants à prix décents, il y avait une possibilité de se trouver un casse-croûte mangeable et les sièges des aires de repos restent confortables. Déplorable que l’on soit obligé de sortir de la salle d’exposition pour aller s’asseoir, mais on ne peut pas reconstruire le centre à cet effet. La section des jeux vidéos semblaient assez complète, mais donnait l’impression d’être mieux encadrer. On pouvait circuler et regarder les écrans sans se faire bousculer. Un ensemble de petits facteurs faisaient qu’il était plus agréable de se promener dans le Comiccon que les années précédentes.

Il reste à souhaiter une année 2019 encore plus colorée en invités et davantage resserrée au niveau de la gestion.

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