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«Devilman: Crybaby» - saison 1: le démon triste
6.5Note Finale
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Précisons d’entrée de jeu: je n’ai pas lu le manga Devilman de Go Nagai publié dans les années 70 et je ne souviens pas d’avoir vu les précédentes adaptations animées. Donc, je ne ferai aucune comparaison ici. Un jeune lycéen du nom d’Akira se retrouve possédé par un démon, mais parvient à garder son cœur d’humain, ce qui lui permet d’utiliser ses pouvoirs pour combattre les forces du mal.

Divisée en 10 épisodes de 25 minutes, la série Devilman: Crybaby (disponible sur Netflix) propose une vision moderne (les réseaux sociaux y jouent un rôle important) et hyperdynamique du mythe (à l’image de la toune techno qui rythme le générique d’ouverture). Les traits sont fluides et épurés, se concentrant sur l’essentiel. En résulte une œuvre agréable à regarder sans être transcendante. Par contre, du côté du scénario, ce dépouillement n’est pas aussi payant. La caractérisation des personnages et les dialogues sont beaucoup trop simplistes (voire simplets) pour être crédibles. De plus, si on peut noter certaines similitudes thématiques avec l’anime The Wicked City (1989), que ce soit pour les capacités polymorphes des démons ainsi que pour les actes de violence et de perversion montrées à l’écran (les scènes de cul entre humains et monstres abondent), le résultat ne s’avère pas aussi dérangeant et sombre que l’anime de Yoshiaki Kawajiri. Devilman Crybaby mise au contraire sur l’humour (comme il semble être le cas dans l’œuvre originale), et l’horreur présentée à l’écran flirte davantage avec le grotesque que l’épouvante pure et dure.

Une idée intéressante exploitée dans la série est la présence d’un groupe de jeunes qui interviennent dans la plupart des épisodes avec quelques raps bien sentis. Peu importe si on aime le genre musical, les textes de ces chansons viennent enrichir efficacement la narration, un peu à l’image des chœurs dans les tragédies grecques. L’un de ces slams est même particulièrement touchant tellement il est criant de vérité. De plus, si les métaphores entre les transformations démoniaques du héros et celles vécues lors de l’adolescence sont loin d’être originales, elles demeurent amusantes malgré le côté juvénile de l’ensemble.

En fait, le plus gros défaut de cette série se trouve dans le dernier épisode. Les événements relatés sont présentés d’une manière tellement précipitée qu’on y perd du côté émotionnel et cela, malgré une finale particulièrement poignante et nihiliste.

Bref, à trop vouloir rendre l’ensemble dynamique en éliminant le maximum de temps morts, les créateurs de la série ont négligé les préliminaires, provoquant une petite déception à la fin du récit.

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