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Dissection pour collectionneurs: Serial Mom de Scream Factory
Le film8.5
Les suppléments7.5
Le transfert7.7
7.9Note Finale
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0.0

Une mère au foyer d’extrême droite s’improvise justicière de son quartier en assassinant brutalement les membres de son voisinage qui n’adoptent pas son éthique moral.

Devenu avec le temps celui qu’on va appeler «le pape du trash», John Waters est aussi apparu comme étant la voix des laissés pour compte. Son cinéma, qui se voulait au départ une dérision de la censure de l’époque, s’est vite fait remarquer pour son esprit libéral. Pink Flamingo s’est imposé comme l’un des favoris des séances de minuit de l’époque et le réalisateur n’a cessé de lutter contre les règles. Ce que le cinéma de Waters tentera d’anéantir, c’est le conformiste. En entrevue, le cinéaste a révélé récemment qu’il espérait que la venue de Trump à la présidence inspirerait une nouvelle vague de réalisateurs punk-rock. Le côté positif de la chose pourrait être une nouvelle forme d’anarchie, selon lui.

Serial Mom est l’un de ses films les plus «gentils», mais la satire sociale n’en est que plus accrue et ce, pour la simple raison que les spectateurs du film ne sont pas forcément des convertis au style, aux excentricités et aux idéaux du metteur en scène. Exception faite de Divine, on a l’impression que le film porte à lui seul l’univers entier de Waters. Cette femme parfaite qui fredonne du Barry Manilow entre ses meurtres, ces ados rebelles fascinés par les films d’horreur (en soulignant au passage H.G. Lewis que Waters a remis au goût du jour), le culte de l’anti-héros, la fascination pour les tueurs en série et on en passe. Il est d’autant plus intéressant de renouer avec Ricki Lake en tombeuse d’hommes, qui va se pavaner devant les caméras, en faisant fi de ses courbes, mais aussi avec Traci Lords en sa rivale. Serial Mom marque aussi le retour des doyennes de l’univers du metteur en scène: Mink Stole et Mary Vivian Pearce. Cela dit, l’ensemble est dominé par Kathleen Turner qui, après plusieurs rôles similaires dans sa filmographie recherche la nouveauté. L’actrice y livre sa meilleure performance en carrière et ce, parce qu’à sa manière, elle parodie quelque peu certains de ses personnages antérieurs.

Ce nouveau Blu-ray de Scream Factory était très attendus. Le film présente un visuel avec une très bonne allure et ce, même si nous aurions aimé la qualité du 2K de plus en plus présente chez le distributeur. Ce dernier fournit deux bandes sonores: le DTS-HD 5.1, ainsi que le DTS-HD 2.0. On nous emballe également le tout avec deux pistes commentaires. L’une avec les discussions de John Waters et de Kathleen Turner, commentant les scènes, l’autre de Waters uniquement.

Niveau extras, on offre plusieurs choses à souligner. Premièrement, il y a cette conversation filmée entre Kathleen Turner, John Waters et Mink Stole, bavardant de leur expérience sur le film. L’actrice de Peggy Sue Got Married, qui s’est mise à souffrir de Polyarthrite chronique, y est méconnaissable. Cette maladie la force à absorber une grosse quantité de médicaments et c’est bien agréable de la voir tout de même aussi vigoureuse. Cependant, si vous êtes moindrement fan du maître, et vous l’êtes probablement si vous envisagez de payer près de 40$ pour cette édition, cette conversation vous semblera trop courte. On a aussi droit au vidéo Serial Mom: Surreal Moments qui regroupe une série d’entrevues des artistes du film se remémorant leur expérience sur le film. Bien que fascinant, ce supplément semble aussi un peu concis. On nous fait aussi l’offrande d’un petit making of de quelques minutes et à la capsule The Kings Of Gore: Herschel Gordon Lewis And David Friedman, qui parle, comme son nom l’indique, de Lewis, mais du respect que lui portait Waters.

Est-ce que ce Blu-ray est à la hauteur ? Il offre une qualité visuelle mieux que toutes les versions DVD parues jusqu’ici en Amérique, ce qui est bien normal. On avait peut-être l’appétit trop grand au niveau des suppléments. Il aurait été délectable d’y percevoir une entrevue avec un critique de renom questionner Waters sur sa carrière et souligner, historiquement parlant, son importance dans le milieux. Bien que très bavard, le cinéaste dirige les sujets de cette rencontre avec ses actrices. C’est John Waters, alors l’achat vaut le coup.

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