S'enregistrer
Votre mot de passe vous sera envoyé.
[Fantasia 2017] mon mon mon MONSTERS!: la période trouble de l'adolescence
9Note Finale
Note des lecteurs: (0 Vote)
0.0

Dans des coins sombres de la ville chinoise de Taipei, deux créatures immondes se nourrissent des habitants de la ville la nuit et se terrent le jour. Lin Shu-wei (Yu-Kai Teng, Love of Sandstorm), élève du secondaire, se fait accuser injustement d’avoir volé l’argent de la classe. Même son enseignante, adepte aguerrie du bouddhisme, ne le croit pas. Lin est la cible d’un petit groupe d’intimidateurs qui prend plaisir à l’humilier. Le jeune homme sera éventuellement forcé de faire des travaux communautaires avec ses bourreaux. Ces derniers, se liant d’amitié, feront la capture de l’une des bestioles déclenchant par le fait même la colère sanglante de la deuxième.

Ne vous fiez pas à la prémisse: le film de Giddens Ko (You Are the Apple of my Eye) n’est pas seulement un film de monstres, mais une intéressante leçon sur cette période ingrate qu’est l’adolescence. Mon mon mon MONSTERS! met en scène des personnages pour la plupart antipathiques. Il y a longtemps qu’on avait eu droit à des adolescents aussi insolents et irrespectueux envers leurs pairs! Le spectateur n’a d’autre choix que d’éprouver de la sympathie pour Lin. Le réalisateur nous offre une oeuvre puissante qui prend son temps pour établir une ambiance malsaine. La scène sanglante impliquant un autobus en parallèle avec celle de la fabrication d’un simple jus de melon d’eau est magnifiquement rendue et témoigne du talent de Ko.

Par ailleurs, le film exploite intelligemment le thème de l’intimidation et tous se sentiront interpellés d’une manière ou d’une autre. Il est donc facile de comprendre les motivations de la jeune victime qui s’allie à ses tortionnaires. Être ridiculisé ou être celui qui prend plaisir à humilier les autres? Le choix est fort simple pour Lin. La force du film est de puiser dans ce qui se rapproche le plus de la réalité de notre jeunesse. Teng offre une excellente performance et rend l’adolescent fort attachant. En intimidateur, Kent Tsai (Chi qing nan zi han) livre une interprétation troublante et d’un réalisme hallucinant. L’adolescent est effronté et se détache de toute émotion, en apparence, rendant le tout convaincant. Ko évite ainsi toute caricature en ajoutant de la profondeur à ses personnages.

Bien que le film présente quelques longueurs, le long-métrage s’avère une belle surprise. Avec une puissante finale riche en émotions, mon mon mon MONSTER! marquera l’imaginaire de plusieurs et vous habitera pendant longtemps.

Consultez notre couverture Fantasia 2017

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.