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Le réalisateur canadien Lowell Dean était de passage avec toute l’équipe de son film pour la première canadienne de Another Wolfcop. Horreur Québec a saisi l’opportunité de discuter avec lui.


Horreur Québec — Nous avons eu la chance de rencontrer Chris Peckover, qui a réalisé le film Better Watch out, et il nous a mentionné qu’à Los Angeles, il y a avait un genre de circuit de cinéastes d’horreur qui se rencontraient, s’influençaient et discutaient d’horreur ensemble. Est-ce que c’est le cas au Canada?

Lowell Dean — C’est difficile à dire. Le Canada est si étendu: j’ai des amis dans le milieu avec qui je parle, mais je ne dirais pas que c’est comme une communauté qui partage des histoires ou autres. Quand on commence à faire du cinéma, il y a des gens qu’on rencontre, et avec qui on a un bon contact. C’est mon cas le groupe Astron-6. Leurs expériences sur des tournages ressemblent aux miennes: ils manquent de temps, par exemple, et nous avons établi une sorte de connexion.

HQ — Plusieurs admirateurs ont suivi chaque étape te permettant de réaliser le premier Wolfcop et nous avons presque l’impression que sa concrétisation a été une sorte de miracle. Est-ce que ça été plus facile pour toi de tourner la suite?

LD — Étrangement, les choses ont été plus difficiles. Je me disais que ça allait être plus facile, que nous savions ce que nous faisions, qu’on avait déjà créé un loup-garou… Je crois que ce qui arrive dans ce genre de situations, c’est qu’on veut faire une suite meilleure et plus grande. Il fallait que ça soit supérieur au premier film. On a eu, certes, plus d’argent, mais nous n’avons pas eu plus de temps. Même avec une augmentation du budget, nous étions quand même loin du film que nous aurions voulu offrir. Comme nous avons manqué de ressources, il a fallu redoubler d’efforts. Si je regarde en arrière, tourner le premier m’avait semblé difficile sur le moment, mais maintenant je me dis que c’était du gâteau.

HQ — Tu as mentionné que suite au premier, les gens te reprochaient que le film manquait de touches canadiennes. Pour toi, l’essentiel était d’apporter cette ambiance de comic book, avant d’installer le récit dans une ville réelle. Another Wolfcop est excessivement ancré dans la culture canadienne, mais j’ai l’impression que tu as joué davantage avec l’esthétique du film de super-héros que pour le premier épisode. Est-ce qu’il y des moments dans cette suite que tu qualifierais carrément d’emprunts au genre de Marvel, DC ou autres?

LD — Il n’y a pas un moment particulier, je dirais. Mais pour moi, c’était important de garder cet esprit de bande-dessinée. Je l’ai fait avec les couleurs, l’action, mais aussi l’attitude de mes personnages. Par exemple, Willie est carrément ridicule. Mes personnages ne vivent pas dans le vrai monde.

HQ — On a l’impression que ton ouverture avec l’équipe d’Astron-6 sert à nous livrer dès le départ le ton que tu souhaites adopter avec ton film. Est-ce qu’après un premier film, il faut encore prévenir les spectateurs?

LD — Je me suis servi de l’équipe pour souligner ce que je voulais faire, comme tu le mentionnes. Même si le titre est Another Wolfcop et qu’on s’imagine que les gens vont saisir que c’est une comédie, ce n’est pas nécessairement le cas. Lors des visionnements du premier Wolfcop, certains spectateurs mettaient un moment à comprendre qu’ils pouvaient rire. J’ai donc voulu cette suite ridicule dès le départ.

HQ — Dans le film, tu parodies plusieurs tics des canadiens. Tu te moques de la religion, tu proposes une interprétation de l’hymne national inoubliable et on assiste probablement au match de hockey le plus sanglant de l’histoire du cinéma. Rien ne semble à ton épreuve sauf deux choses. Après toutes les moqueries que tu as osées faire, comment se fait-il que les jerseys des deux équipes de hockey ne renvoient aucunement à l’une des équipes du Canada? Le hockey est-il plus tabou que la religion? Par ailleurs, vous n’avez pas traité du malaise entre les langues. Pourquoi?

LD — (Rires) C’est surtout que je souhaitais que l’une des deux équipes ressemble à celle de Régina. C’est un endroit important pour moi. En Saskatchewan, le sport est le domaine où on place l’argent. Ce n’est ni dans les minéraux, ni dans les arbres, la terre ou le pétrole. Pour nous, c’était une moquerie. L’autre équipe se nomme Dark Star simplement pour faire référence au film de John Carpenter. Obtenir les droits pour une équipe de la LNH aurait été impossible.

Je ne sais pas pourquoi nous n’avons pas abordé le conflit entre le français et l’anglais. On dirait que ça ne s’est juste pas présenté à nous. Yanick Bisson (Murdock Mysteries) nous a demandé de mettre un brin de français dans le film, donc certains noms d’endroits sont francisés. Nous avions déjà le nom du héros: Lou Garou. L’idée de la langue n’est simplement pas venue. Peut-être dans le troisième film?

HQ — Tu nous ramènes ton premier trio d’acteurs pour cette suite, mais je sais aussi que tu vas les utiliser pour un autre film qui s’appelle SuperGrid. Il y a donc une réelle chimie dans votre équipe?

LD — Oui, ils sont dans SuperGrid qui est un film post-apocalypse. J’aime beaucoup Amy, Leo et Jonathan. J’ai hésité à reprendre les trois pour un autre film, mais j’aime beaucoup travailler avec eux. Jonathan sera un vilain, Leo encore excessif, mais d’une autre manière, et Amy sera très différente.

HQ — Il est impossible de ne pas remarquer les similitudes entre ton Wolfcop et le vieux classique de la UniversalThe Wolf Man, avec Lon Chaney Jr. Je me demandais si tu avais déjà pensé à ajouter un autre monstre de cette époque dans un de tes films: pourquoi pas un Invisible Cop ou un Mummy Cop, par exemple?

LD — J’aimerais faire un univers avec mon monstre différent de ceux de Universal. C’est tellement difficile de tourner ce genre de film au Canada. Tu sais que quand le premier Wolfcop est sorti au Canada, la réaction du public n’était pas très positive. Ça m’a attristé, mais on y peut rien. Aux États-Unis la réaction a été vraiment favorable. Chaque pays est différent. J’en étais presque confus. Pourquoi mon pays n’avait pas aimé le film? Avec le temps, je crois que les gens d’ici l’ont aimé mieux. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Pour répondre à ta question, oui, j’aimerais faire un film avec un autre monstre. J’aurais peut-être aimé tourner un film avec ce monstre et venir à une fusion avec Wolfcop. L’autre méchant ne serait peut-être pas policier.

HQ — Dirais-tu qu’il est plus facile de faire rire ou de susciter l’effroi?

LD — J’aime les comédies et c’est la direction pris avec Wolfcop, mais j’aimerais aussi faire quelque chose de terrifiant.

HQ — Avec quel acteur aimerais-tu tourner un autre film d’horreur? Parmi le bottin des artistes.

LD — Sam Rockwell. Je trouve que c’est un acteur incroyable. J’aimerais avoir beaucoup d’argent et faire un vrai film avec un loup-garou. En même temps, il y a une joyeuse liberté de travailler avec un plus petit budget.

HQ — Tu as eu la chance de pouvoir mettre Kevin Smith dans ton film. D’une certaine manière ça fait un parallèle étrange, car il réalise présentement une sorte de trilogie sur des histoires canadiennes. Est-ce que tu as vu ses deux premiers films, et tu en as pensés quoi?

LD — Je n’ai pas vu le deuxième film, mais j’ai assisté à la première de Tusk au TIFF et j’ai bien aimé. C’était si bizarre qu’il m’a pris par surprise. Je suis un grand fan de Kevin Smith.


Aucune date pour la sortie d’Another Wolfcop n’est encore confirmée, mais lisez notre du film critique ici.

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