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Tout récemment, Fantasia nous révélait le premier long-métrage du cinéaste d’origine montréalaise Peter Ricq, Dead Shack. Horreur Québec a rencontré le réalisateur pour essayer d’en savoir plus sur la comédie d’horreur.

NDLR: Marc Boisclair a accordé une note plutôt moyenne à Dead Shack dans sa critique plus tôt cette semaine, tandis que Jean-François a pour sa part adoré le film de Peter Ricq. Ce sera à vous de vous faire votre propre opinion lors de la sortie du film! 


Horreur Québec — Dead Shack est ton premier film et je l’ai trouvé, pour ma part, excellent. Mais avant tout, c’est un film canadien. Quand on apprend ce que certains cinéastes d’ici doivent traverser pour tourner un long-métrage, ça semble être de la science-fiction. Quand je pense à ce que Lowell Dean a fait pour réaliser son Wolfcop ou même Casey Walker pour A Little Bit Zombie, on a l’impression que leurs films sont des miracles. Comment ça s’est déroulé pour toi?

Peter Ricq — Quand j’ai vu le truc de Wolfcop d’un million à gagner, j’ai compris qu’il y avait beaucoup de travail à faire et je ne voulais pas aller dans ce chemin-là. J’ai essayé de faire ça sans participer à un concours. J’ai été chanceux parce que ça a fonctionné, au final. Au début,  personne ne voulait vraiment faire le film. C’est quand même 5 ans de travail. Et après ça, j’ai fait un faux trailer qui m’a coûté 15 000$. Personne ne comprenait l’idée. Ils ne savaient pas si c’était comique et ne saisissaient pas vraiment les blagues ou encore l’ambiance que je voulais. Faire ce petit trailer a donné un côté moins risqué pour les producteurs. Ensuite, j’ai rencontré Amber Ripley, qui a produit le film et les choses se sont mieux déroulées.

HQ — Lauren Holly y est incroyable dans un rôle totalement différent de ce dans quoi on a pu la voir. Je pense aussi que Donavon Stinson apporte énormément au film. Comment tu t’y es pris pour les embarquer dans le projet?

PR — On a une liste de 10 actrices qu’on voulait avoir. On a décidé de parler à tout le monde et, en fait, le mari de ma productrice avait travaillé avec Lauren Holly. On lui a donc fait parvenir le scénario, avec le trailer. Elle n’était pas certaine d’être intéressée, mais elle l’a montré à ses enfants et ils lui ont dit de faire le film. Eux trouvaient le film cool et tout. Pour Donavon, c’est un ami d’un ami qui l’a approché pour le projet. Son agent lui déconseillait de jouer dans le film et il a dû lui-même insisté pour y participer. Il aimait le fait que le récit ressemble à Evil Dead 2 et Shaun of the Dead.

 

HQ — Avec Dead Shack, vous nous offrez un film canadien, certes, mais qui a l’étoffe, les thèmes et le potentiel d’être vendu à travers le monde. Est-ce que vous avez des idées en tête pour vendre le film, car vous pensez certainement à l’exporter à travers le monde?

PR — Oui, c’est certain. On a déjà des distributeurs et on est déjà dans des festivals, comme à Londres et en Suisse. Si Netflix l’achète, cela pourrait être partout dans le monde.

Le co-scénariste de Dead Shack, Phil Ivanusic, et son réalisateur Peter Ricq

HQ — Dans Dead Shack, on présente deux différents types de familles non conventionnelles. Ce qui est particulièrement intéressant dans ta manière de traiter la famille, la véritable vedette du film, c’est que malgré tout, on ressent leur attachement. À ce niveau, je me demandais s’il avait été difficile de rendre cette dualité, surtout par rapport au père?

PR — Je voulais une famille non conventionnelle. Je souhaitais aussi montrer que si on a moins d’argent ou qu’on se bagarre par moments, on peut quand même s’aimer. C’est souvent plus le «fun» que de gens trop polis. Mon père est super sympathique, mais il est tellement poli qu’il ne démontre pas son affection. Même si le père dans le film porte le même nom que le mien, ce dernier est complètement différent. Il nous achetait des cadeaux et nous a amené en Europe pour nous montrer son amour. Dans le film, le père a moins d’argent, mais il est expressif.

Et tu sais, l’histoire du garçon qui fait semblant d’être pauvre pour avoir l’air cool est inspirée d’une vraie histoire d’un de mes amis, mais inversée. On allait toujours le chercher chez lui en voiture et après trois ans, il m’a avoué qu’il habitait dans une maison voisine plus modeste.

HQ — Quand j’ai regardé ton film, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à plusieurs classiques. On reconnaît tous l’hommage à Evil Dead avec la trappe dans le plancher, mais ta manière d’utiliser les couleurs semblent aussi suivre une démarque précise. Peux-tu nous parler de tes inspirations?

PR — Oui, il y a Evil Dead, c’est certain. En même temps j’avais une idée du visuel que je voulais. Je souhaitais que la maison de la méchante soit bleue, comme mes zombies. Les acteurs trouvaient l’approche des zombies bleus vraiment bizarre (rires). Dans le film, une fois assemblé, ce n’est pas si visible. Je trouve que ça fonctionne bien ensemble. Ils sont associés à une couleur froide, à l’inverse de mes vedettes qui sont souvent cadrés avec des couleurs chaudes.

HQ — Les adolescents de ton film sont étrangement forts et intelligents: le trio de jeunes que tu proposes m’a rappelé celui de The Gate, un autre film co-produit par le Canada. Je n’ai pas eu l’impression que tu utilisais leur innocence pour créer un suspense gratuit, ce qui diffère de plusieurs autres films d’horreur. Est-ce que c’était réfléchi, ou c’est plus un hasard?

PR — The Gate avec Stephen Dorf? Wow, merci! J’aime ce film. Dans beaucoup de longs-métrages, les personnages sont stupides et ça gâche tout. Les spectateurs décrochent. À ce niveau-là, on ose se le dire si certaines idées sont moins bonnes, mon équipe et moi. On souhaitait éviter cela. J’adore The Gate et je ne savais pas que c’était canadien, d’une manière ou d’une autre.

HQ — Présentement, l’horreur semble se chercher. On constate que plusieurs cinéastes tentent d’utiliser des méthodes plus «vieille école» pour raconter une histoire. Malgré la présence de cellulaires et tout, on ressent vraiment une sorte de retour aux années 1980 en regardant Dead Shack, autant par tes thèmes que ton style. Dirais-tu que ton film est un hommage à cette décennie?

PR — Oui (rires)! Si j’avais pu, je l’aurais ancré dans les années 1980. Je savais qu’on n’aurait pas le budget pour le faire, en revanche. Mais dès le début, j’avais envie d’un film de la trempe de Steven Spielberg. Tu sais, avec des enfants et tout. Je crois que les gens de trente ou quarante ans sont tous très nostalgiques de cette époque. Le cinéma, ça devient une sorte de partage entre les générations. Si un dimanche, par exemple, un film qui nous a marqué passe à la télé, on va souhaiter le montrer à nos enfants. Et je pense que le cinéma d’horreur était moins bien perçu auparavant. Maintenant, on le récompense avec des prix.

HQ — Présentement, plusieurs cinéastes canadiens de talents font des films qui valent amplement des productions étrangères, mais dont on parle moins, malheureusement. Est-ce qu’il y a un film ou un réalisateur parmi eux que tu admires?

 PR — Au niveau horreur, c’est plus difficile. J’aime énormément Ricardo Trogi. 1981, et Le mirage, je les ai adorés. Xavier Dolan, mais tout le monde l’adore. Cronenberg est une inspiration, certainement. Mais des films d’horreur canadiens à plus petits budgets, c’est plus difficile à trouver. Tu as des exemples de films, ou de réalisateurs à surveiller?

HQ — Gabriel Carrer, Rodrigo Gudiño. Il y en a plusieurs. Tu dois certainement connaître Jon Knautz qui nous a donné Jack Brooks: Monster Slayer, qui a certaines similitudes avec ton film et le trop méconnu The Shrine?

PR — Attends, je prends ça en note dans mon cellulaire. Non, je ne connais pas ces films, mais je vais les regarder (rires)!

HQ — Ceux qui ont aimé le film vont vouloir savoir si tu nous réserves de prochains projets?

PR — J’ai un projet de film de vampires et j’aimerais faire une sorte de film proposant un mélange entre The Thing et Hazed and Confused. Il y a aussi l’adaptation animé de mon roman graphique. En français, ça s’appelle Notre terre jadis. Ça se passe en Allemagne, en 1830, et c’est la fin du monde. Il y a des monstres qui ont tué tout le monde. Une petite fille de dix ans va rencontrer un soldat d’une cinquantaine d’années.


On souhaite la meilleure des chances à Dead Shack qui poursuit présentement sa tournée en festivals et ce sera avec un grand engouement qu’on suivra les futurs projets du cinéaste.

Consultez notre couverture Fantasia 2017!

 

Voyez la bande-annonce créée par Peter Ricq pour concrétiser son projet:

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