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[FNC 2017] Sexy Durga: une brebis parmi les loups
7.5Note Finale
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Un jeune couple qui tente désespérément de rejoindre un train se voit pris en auto-stop par un groupe de garçons excentriques. Très vite, le duo verra cette nuit se transformer en cauchemar.

Le visionnement de Sexy Durga nous amène à nous poser la question suivante: qu’est-ce que l’horreur? Tourné en une seule nuit, et sans véritable scénario, ce petit film en impose de par ses sous-entendus tranchants. Le cinéma a toujours été un miroir sur le monde et ce long métrage est d’une frontalité désarmante. Ce n’est pas tout les jours qu’on a accès à ce genre d’essai, frôlant le film ethnographique et le thriller, du moins, de manière aussi efficace.

Le film s’ouvre sur un segment documentaire des plus surprenants, nous montrant le festival Garudan Thookam, où le sacrifice et la douleur tentent d’engendrer une certaine spiritualité implantée dans la conscience collective. Instructive et déroutante, cette introduction nous livre déjà une représentation du contexte social de l’histoire.

Si son titre a causé une commotion monumentale en Inde parce qu’il superposait volontairement le mot «sexy» à celui d’une déesse Indou «Durga», pour un film se voulant une parabole sur la condition des femmes en Inde, Sexy Durga, devient un plaidoyer anti-patriarcat où la femme ne semble perçue que comme une poupée de chair. Le peuple rend hommage à une déesse fictive, alors qu’il ne portera aucun respect à une femme véritable qui marche dans la rue. Le côté sombre de l’histoire provient certes de la faune nocturne non fréquentable des lieux que vont arpenter nos héros, mais davantage par le fait que l’un d’eux est de genre féminin, objet de désir des hommes non rassasiés.

La réalisation qui nous raconte un récit si violent, sans nous montrer la moindre violence, fait preuve d’une retenue remarquable qui n’égratigne en aucun cas la brutalité du propos. Cette sobriété se ressent également lors des élans plus psychédéliques, ce qui est fort honorable. Là où certains clameront des lacunes scénaristiques, nous ne pouvons y percer qu’une abondance de non-dits, de couches ou de connotations. À travers ce road movie délirant, l’ensemble des acteurs joue avec justesse.

Sexy Durga est un film exigeant à sa manière, mais qui nous récompense amplement par sa richesse, si l’on sait l’apprivoiser.

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