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Qu’on soit d’accord ou non, c’est un fait: le premier Scream de Wes Craven marque un tournant important dans le monde de l’horreur. Tout comme son A Nightmare on Elm Street l’avait fait dans les années 80, cette histoire de jeunes adolescents traqués par un tueur masqué a donné le feu vert à plusieurs autres productions, bonnes et mauvaises, durant les années qui ont suivi. Encore aujourd’hui, plus de vingt ans après le premier volet de cette quadrilogie, il arrive encore parfois d’apercevoir ou d’entendre des bribes de Scream. Chacun a son épisode préféré, mais rares sont les occasions où Scream 3 est mentionné en tant que favori. Après Alien³, Child’s Play 3 et Halloween III, est-ce que ce Scream aurait subit la malédiction du troisième?

Sans être le meilleur, ce troisième volet ne mérite certainement pas sa réputation. Nul doute que l’absence de Kevin Williamson à la scénarisation y est pour quelque chose. N’étant pas disponible pour écrire le film, les producteurs ont fait appel à Ehren Krueger qui avait déjà signé le scénario du thriller Arlington Road, un an auparavant. Plusieurs problèmes sont survenus et paraîtrait-il que Krueger écrivait parfois les scènes la veille du tournage. On dit aussi que les personnages étaient tellement loin de ce qu’on connaissait déjà d’eux que Craven devait lui-même apporter des changements: bref, probablement une lacune importante du film. Mais ce n’est pas assez pour dire que le résultat est désastreux.

Toujours en se demandant qui se cache sous la toge de Ghostface, ce troisième Scream respecte le jeu du chat et de la souris qu’on lui connait. De plus, l’idée du «film dans un film» était assez différente des deux premiers opus et c’était tout en leur honneur d’amener les personnages ailleurs après deux films, disons-le, assez semblables et produits dans le même moule. Scream 3 pousse son humour noir d’un cran en y ajoutant plusieurs personnages secondaires, peut-être parfois trop caricaturaux. On explique la présence de ces multiples rôles de soutien vue les rares scènes où Sidney (Neve Campbell, The Craft) apparait. Campbell tournait simultanément la comédie Drowning Mona et n’a participé qu’à 20 jours de tournage sur presque 90, ce qui a sûrement déplu à plusieurs fans.

Alors que les deux premiers films étaient une satire de films d’horreur en se moquant des clichés du genre (et des remakes dans Scre4m), Scream 3 est carrément une critique sur Hollywood. L’intrigue se déroulant dans des studios de cinéma, on en profite pour dénoncer plusieurs horreurs et pratiques courantes dans la ville des stars. Le personnage de Maureen Prescott, la défunte mère de Sidney, sert ici de prémisse à cette enquête où les cotés sombres d’Hollywood sont dévoilés au grand jour. Après les scandales sexuels des dernières semaines, il est intéressant de revoir le film sous un nouvel angle. Une scène-clé (et tout ce qui s’en suit) avec Courteney Cox-Arquette (Scream), Parkey Posey (Best in Show) et Carrie Fisher (Star Wars) remet les choses en perspective après le dévoilement des frasques d’Harvey Weinstein, qui était d’ailleurs producteur exécutif de ce film.

Outre ses failles, l’ensemble reste un divertissement décent, sans prétention et toujours réalisé de main de maître par Wes Craven. Certainement plus léger que ses prédécesseurs dû au nouveau scénariste, mais sans jamais être totalement dénaturé, Scream 3 a su clore de façon honnête cette populaire trilogie des années 90 avec un dénouement inattendu et qui ne devrait certainement pas se retrouver injustement dans autant de listes des pires suites.

Détonner ne veut pas nécessairement dire mauvais. Peace.

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