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Tout comme la soirée Les insolites québécois, il est difficile de définir clairement quelle sorte de courts-métrages se retrouveront dans cette sélection. L’auditoire passe de l’émotion brute, à l’étrange et au terrifiant… et parfois, tout ça en même temps! Faisant partie d’un programme double avec la décevante soirée Les Détraqués, Les Inclassables #1 est venu sauver la soirée avec son vent de fraîcheur et d’originalité! Par ailleurs, les amateurs du genre ont été gâtés avec la deuxième soirée Les Inclassables #2, qui leur était proposée mercredi dernier.


Garden Party de Théophile Dufresne, Florian Babikian, Gabriel Grapperon, Lucas Navarro, Vincent Bayoux et Victor Claire (France, 2016, 7 min.)

Détrompez-vous, Garden Party n’est pas un hommage à la défunte émission de TQS animée par Michèle Richard et Serge Laprade. On se retrouve dans une villa abandonnée où des grenouilles ont envahi les lieux. Du même calibre qu’un film de Pixar, ces petits amphibiens deviennent rapidement attachants. Les créateurs sont même parvenus à leur attribuer chacun une personnalité. Une réussite sur toute la ligne tant au niveau technique que créatif. Un petit 7 minutes de pur bonheur!

Birthday d’Alberto Viavattene (Italie, 2017, 15 min.)

Une infirmière vole et abuse les personnes âgées dans le foyer où elle travaille. Dans la chambre 12, la patiente fête ses cent ans et la soignante cherche son cadeau d’anniversaire: une mystérieuse bague. Clairement influencé par Lynch (Twin Peaks), le rendu visuel est parfaitement réussi. Cependant, une certaine froideur se dégage de l’oeuvre et le spectateur ne parvient pas à totalement embarquer dans cette histoire somme toute confuse.

Petit Poulet de Nicolas Legendre (Québec, 2017, 15 min.)

Jason se pratique pour son «rap battle» sous l’oeil avisé de son collègue Max. Il ne s’attendait pas à être confronté à un adversaire qui n’a carrément plus rien à perdre. Le court-métrage de Legendre s’avère fort sympathique et n’a aucunement la prétention de se prendre au sérieux. Les acteurs embrassent à fond leur rôle et leur plaisir de jouer se transpose merveilleusement bien à l’écran.

Nero de Ruby Stein (Espagne, 2017, 17 min.)

Alma, une journaliste espagnole, veut s’entretenir avec le président de la nation. Elle devra suivre rigoureusement un protocole afin d’obtenir son entrevue auprès de l’homme victime d’une attaque terroriste. Véritable huis clos angoissant, Stein propose un court-métrage tout à fait inventif. Se démarquant des autres films par son originalité, le spectateur est aspiré dans ce thriller efficace qui ne présente aucun temps mort. Définitivement, Nero fait parti des coups de coeur de cette édition.

Sang Papier de Kevin T. Landry (Québec, 2017, 8 min.)

Un mystérieux Roumain tente de rentrer au Canada, mais doit faire face à un douanier méfiant et sa collègue, beaucoup plus empathique. Sang Papier est un vibrant hommage au film de vampires québécois Karmina. Landry a su capter l’essence même du film de Gabriel Pelletier (La peur de l’eau). L’humour ne tombe jamais à plat. Alexand Fournier campe extrêmement bien son personnage assoiffé de sang. Fans des films, vous allez adorer ce court-métrage!

Pisser dehors de Jonathan Beaulieu-Cyr (Québec, 2017, 15 min.)

Guillaume et Jayson, deux véritables «adulescents», demeurent encore dans leur village natal. Simon, parti à Toronto pour étudier le marketing, est de passage pour rendre visite à ses parents. Ses amis tenteront de le convaincre d’embarquer dans leur projet d’affaires plutôt douteux. Pisser dehors est un véritable hymne à l’amitié entre hommes. Malgré les apparences flagrantes d’immaturité de la part des protagonistes, le court-métrage est la démonstration parfaite de l’essence même de l’amitié. Tourné en noir et blanc, le réalisateur parvient, en toute sobriété, à transposer cette fraternité.

Lost Face de Sean Meehan (Canada/Australie, 2016, 14 min.)

Un voleur de fourrures essaie par tous les moyens d’éviter une mort lente après avoir été fait prisonnier par une tribu amérindienne. Lost Face se démarque surtout par l’interprétation très convaincante de l’acteur québécois Martin Dubreuil (Sur le Seuil) en homme se battant pour sa vie. Le directeur de la photographie a fait un travail exceptionnel et capte merveilleusement bien la beauté du paysage canadien. Le scénario, adapté d’une nouvelle de Jack London, est digne des grands films hollywoodiens. Par ailleurs, celui-ci est le parfait exemple du combat de l’homme face à la mort.

Hit TV de Saman Kesh (États-Unis, 2016, 12 min.)

Une émission de télévision illégale propose des primes sur des gens pour les faire assassiner. La ville de Emerald Bay est maintenant dans le chaos avec tous ces chasseurs de têtes, jusqu’au moment où un héros inusité intervient dans tout ce bain de sang. S’inspirant de films tels que The Running Man ou The Purge, Hit TV s’avère ultra convenu, mais tout de même divertissant. On surfe, par ailleurs, sur la vague nostalgique des années 80. L’esthétisme de cette époque est parfaitement rendue. La trame sonore d’inspiration synth wave y est également excellente!

Curve de Tim Egan (Australie, 2016, 10 min.)

Une femme se réveille sur le bord d’une surface recourbée. Le moindre faux mouvement la fera glisser dans le vide et, par conséquent, vers une mort certaine. Le film de Egan parvient avec justesse à nous faire ressentir l’angoisse et la panique face à ce genre de situation inusitée. Le sentiment qui nous habite rappelle certains films comme The Descent. Malgré une finale prévisible, ces dix minutes cauchemardesques resteront gravées dans votre mémoire longtemps. À voir!

Keep the Customer Satisfied de Quentin Fabiani (Québec, 2016, 9 min.)

Le film de Fabiani aborde un thème d’actualité: les commotions cérébrales dans le sport. Après en avoir subi une importante, un joueur professionnel de hockey doit prendre la décision la plus importante de sa vie: jouer le prochain match et risquer sa vie ou prioriser sa santé. Quoique les impacts sont bien démontrés sur l’entourage, Keep the Customer Satisfied ne parvient pas à se démarquer du lot. Bien réalisé et joué, on aurait préféré une approche plus introspective plutôt qu’en surface.

Gokurosama de Clémence Frère, AuroreGal, Yukiko Meignien, Anna Mertz, Robin Migliorelli & Romain Salvini. (France, 2016, 7 min.)

À l’approche de l’ouverture des magasins d’un centre d’achats japonais, une commerçante se retrouve avec le dos coincé. Sa jeune employée tentera de l’accompagner jusqu’au chiropraticien de l’établissement. Gokurosama est un film d’animation charmant et rigolo qui plaira à un grand public. Son humour bon enfant fait sourire à plusieurs reprises. Certaines situations cocasses tombent parfois dans la facilité et manquent de finesse, notamment lors des problèmes de chaise du chiropraticien. Néanmoins, le court nous démontre le talent indéniable de cette équipe à la réalisation.

Undress Me d’Amelia Moses (Québec, 2017, 13 min.)

Après une rencontre d’un soir avec un garçon, une jeune collégienne subit une transformation physique étrange et horrible. Le court-métrage d’Amelia Moses fait preuve de prouesses au niveau des effets spéciaux gores. Les changements physiques de la jeune actrice sont parfois à la limite du supportable tellement ils semblent réalistes. Le spectateur en vient même à oublier la faiblesse du scénario qui laisse toutefois perplexe. Undress Me s’avère donc un excellent exercice technique, mais manque cruellement de substance.

Poilus de Guillaume Auberval, Léa Dozoul, Simon Gomez, Timothé Hek, Hugo Lagrange, Antoine Laroye & David Lashcari (France, 2016, 4 min.)

Poilus nous plonge en plein dans les tranchées françaises au coeur de la guerre. Nos héros à quatre pattes n’attendent que le signal pour repartir à l’assaut. Véritable petit bijou d’animation, ce court-métrage arrive à nous émouvoir, et ce, en seulement quatre minutes! Faut le faire! Ne vous laissez pas tromper par l’aspect adorable de ces petits lapins, car ceci n’enlève en rien la profondeur et la complexité du propos. Bravo!

Le secret du plaisir de Hugues Provencher (Québec, 2016, 15 min.)

Un homme pense enfin avoir déchiffré un mystérieux message laissé sur le répondeur de la famille lorsqu’il était enfant. Parallèlement, deux idiots partent à la recherche du secret du plaisir. Certainement l’ovni de la soirée de Les Inclassables #2, le film de Provencher est tout simplement psychédélique, absurde et drôle à souhait. La rencontre des deux cabochons avec l’homme détenant le secret du plaisir était désopilante et l’un des moments les plus insensés de la soirée. Le seul point négatif est le peu d’intérêt que l’on porte à l’histoire de départ. Le duo vole carrément la vedette. Un must!

Lucha d’Eddie Rubio (Mexique, 2017, 19 min.)

Jorge, maintenant propriétaire de la salle de lutte de son père, est confronté à la violence et aux souvenirs qu’il a longtemps tentés d’oublier. Son père, un redoutable luchador mexicain, est dépeint comme un être dur et excessivement exigeant envers son fils. Rubio, sans tomber dans le mélodramatique, expose une relation complexe d’amour entre un père et son fils. À l’aide de flashbacks, le réalisateur parvient à offrir une histoire touchante, remplie de tendresse en dépit de son extrême violence.

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