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[Critique] « Apex » : Quand la survie se transforme en simple balade de santé

Apex, réalisé par Baltasar Kormákur, est une nouveauté qui vient tout juste de sortir ce 24 avril 2026 sur la plateforme Netflix. Le film est classé dans la catégorie Action/Thriller, avec pour promesse de combler les amateurs du genre survival horrifique.

Le film met de l’avant Sasha (interprétée par Charlize Theron), une jeune femme fervente de sensations fortes et d’adrénaline qui a pour passion l’escalade de montagne. Cinq mois après un accident survenu lors de sa dernière sortie, elle décide de se lancer en solo dans une aventure de camping et de rafting qui lui fera vivre de nouvelles émotions. Évidemment, rien ne se passera comme prévu lorsqu’elle croisera la route de Tommy (joué par Taron Egerton), un local qui lancera contre elle une traque mortelle, à la façon du jeu du chat et de la souris, jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Apex

Présenté comme un survival d’horreur intense mêlant tension et traque en pleine nature, le film peine malheureusement à livrer ce qu’il promet.

Dès les premières minutes de visionnage, le ton est donné… et c’est loin d’être dans le bon sens.

Le scénario est sans surprise du début à la fin. La séquence d’ouverture, centrée sur une escalade entre Sasha et son amoureux, s’étire inutilement en longueur. Pire encore, elle devient rapidement contre-productive : au lieu de nous immerger dans l’expérience, l’utilisation de fonds verts de mauvaise qualité brise complètement l’illusion.

Le flou de mouvement et le rendu visuel donnent presque l’impression de personnages incrustés en 3D, rendant la scène difficile à croire.

Il faut ensuite attendre près de 34 minutes avant d’entrer dans ce que la bande-annonce vendait comme le cœur du film : une partie mortelle de chat et de souris. Malheureusement, cette portion souffre des mêmes problèmes.

La poursuite est prévisible, et le psychopathe, pourtant présenté comme expérimenté, semble soudain incapable de viser correctement.

Le manque de réalisme est également frappant : voir Sasha dévaler des rochers sans blessures crédibles, ni même une égratignure au niveau de ses bras mis à nu, enlève toute tension à l’ensemble de la poursuite.

Là où le film réussit à se rattraper un peu, c’est du côté des performances. L’héroïne est convaincante grâce à l’interprétation de Charlize Theron : une femme forte, avide d’adrénaline, mais nuancée par ses failles et sa capacité à reconnaître ses erreurs. De son côté, Taron Egerton livre une interprétation solide du psychopathe, apportant une dualité intéressante entre un calme apparent et des excès de violence, voire même une rage prédatrice.

Malheureusement, malgré les bonnes performances des acteurs, cela ne suffit pas à compenser le manque de BPM en regardant le film.

Pour un long-métrage qui se présente comme un thriller horrifique, l’absence totale de stress est frappante. La musique, étonnamment, évoque davantage un univers fantastique qu’un climat oppressant. Les nombreux plans de drone, bien qu’ils mettent en valeur la beauté des paysages, nuisent à l’immersion.

À trop vouloir montrer le décor, le film en oublie de filmer l’action.

On a parfois l’impression d’assister à une publicité pour de l’équipement de plein air plutôt qu’à un survival.

Le film tente pourtant d’introduire un élément intrigant avec un retournement impliquant des rituels, une entité mystérieuse et une dimension sacrificielle, dévoilant un côté dérangé de dévotion chez le tueur. Cette idée aurait pu enrichir considérablement le récit. Mais à peine introduite, elle est abandonnée, comme si elle n’avait jamais existé, laissant un goût d’inachevé et de déception au niveau de l’intrigue.

Apex | Official Trailer | Netflix

Finalement, le film échoue sur tous les plans essentiels du genre : il ne fait pas peur et ne crée aucune tension. Il donne plutôt l’impression d’une ébauche, d’une démonstration de ce qu’il aurait pu être avec une meilleure direction.

C’est une formule classique qui a été utilisée, qui reste regardable, mais facilement oubliable.

Note des lecteurs0 Note
Pour les fans...
Revenge (2017) de Coralie Fargeat
A Lonely Place to Die (2011) de Julian Gilbey
La Rivière sauvage (1994) de Curtis Hanson
2.5
Note Horreur Québec

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