[Critique] Perfume: l’odeur de la mort

Note des lecteurs2 Notes2.55
3.8

Une policière qui entretient une relation secrète avec son patron doit enquêter sur le meurtre d’une jeune chanteuse, dont le cercle d’amis de jeunesse partageait jadis une passion démesurée pour le parfum.

Perfume faisait récemment son apparition fin décembre sur Netflix et mérite qu’on s’y attarde un peu. Cette mini-série allemande de six épisodes n’est pas une nouvelle adaptation du classique littéraire de Patrick Süskind du même titre. Déjà porté à l’écran en 2006 par Tom Tykwer (Run Lola Run), le roman de 1985 a été vendu à plus de vingt millions d’exemplaires et reste très en vogue.

Perfume NetflixIci, nos personnages connaissent ce classique et la détective en fera la lecture pour peaufiner ses recherches. L’action se déroule dans un paysage plus moderne et le texte de Süskind fait partie de l’histoire. Cette dernière se déploie davantage comme un whodunit dressant devant nous cinq suspects potentiels en orbite autour d’une victime.

Les amateurs du roman risquent de s’amuser follement puisque le texte de Süskind est un outil et offre une mosaïque de clins d’œil et d’indices à différents protagonistes ainsi qu’au spectateur. À l’instar des héros de Scream, qui devaient utiliser leurs connaissances du cinéma d’horreur pour survivre, connaître l’univers du texte peut devenir un atout pour nos policiers. Cela dit, il n’est absolument pas obligatoire pour le spectateur d’avoir lu l’ouvrage pour se laisser embarquer dans l’intrigue.

Si plusieurs attributs qu’on confère à l’odorat semblent parfois sortir d’un conte de fées, la fascination qu’on réussit à implanter chez le spectateur laisse croître une amusante tolérance face aux invraisemblances. À travers un déluge de fausses pistes, souvent alambiquées, tombent les masques de personnages tous aussi austères les uns que les autres. En fait, on ne regarde pas cette série dans l’espoir de s’attacher aux personnages, dont même le corps policier semble de marbre.

Le cinéaste Philipp Kadelbach (Point Blank) sait utiliser cette oppression constante à bon escient. Un peu comme le font les odeurs miraculeuses de sa trame, ce récit nous happe sans que l’on comprenne trop pour quoi. En parcourant les épisodes, le spectateur ressent une sorte de malaise constant, comme certains ressentent face à l’odeur des hôpitaux ou encore à celui des salons funéraires. Proposant un visuel plus qu’élégant, la mise en scène joue habilement avec ce lustre pour le souiller par des insanités, regards assassins et des images plus choquantes.

Si l’acrobatie finale semble un peu salée, elle n’aligne pourtant que davantage les enjeux et les thèmes soulignés depuis le commencement. On sourit, mais on ne cesse aucunement de s’y amuser. Dans ce ton volontairement froid et passif, l’actrice Friederike Becht nuance merveilleusement son austérité.

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