Qu’on aime ou non cette saga, elle a tout de même réussi à se tailler une place durable dans le paysage des comédies américaines, et dans le cœur des milléniaux un peu abîmés qui ont grandi avec l’idée qu’une blague pouvait encore surgir de n’importe quoi. C’est un pur produit d’une époque où la connerie était encore tolérée, voire assumée. Cela dit, les amateurs de films d’horreur se divisent généralement en deux camps : ceux qui jurent par le 1 et le 2, et ceux qui défendent le 3 et le 4. Quant aux gens qui aiment le 5, permettez-moi de vous regarder avec une prudence toute clinique.
![[Critique] « Scary Movie 6 » : critique menacée de rire 13 scary movie 6](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/06/scary-movie-6-305x450.jpg)
Le tueur masqué Ghostface continue de s’en prendre aux adolescents et il rêve de se venger de Cindy, qu’il n’a pu éliminer il y a 26 ans. Afin de la faire sortir de son repaire sécurisé, il envoie sa fille cadette Tuesday à l’hôpital. Sa fille aînée Sara mène l’enquête en compagnie de son petit ami et elle est convaincue que le tueur se trouve dans leur groupe d’amis. Afin d’y voir plus clair, elle s’allie à l’ancien policier Doofy. Si la liste des suspects est longue, des alliés issus du passé de Cindy sont là pour lui prêter main-forte.
Duo de choc électrique
Pour cet opus, les frères Wayans sont de retour aux commandes. Ceux qui ont lancé la saga reprennent enfin la main après avoir été écartés par les Weinstein, à l’époque de Miramax et Dimension, dans une affaire qui avait laissé un goût amer. Marlon Wayans n’a d’ailleurs jamais caché son ressentiment à propos de cette période. Il rappelait encore récemment qu’ils n’avaient même pas été prévenus correctement du lancement des suites, comme si on leur avait volé leur propre jouet avant de leur demander de payer la facture.
Les Wayans ne sont pas des inconnus dans le domaine de la parodie. On leur doit notamment FBI : Fausses blondes infiltrées, Fifty Shades of Black ou encore Little Man. Pour leur retour aux sources, toute la machine promotionnelle a été mise en marche pour marteler que Scary Movie 6 serait « choquant », « sans limite » et probablement un peu gênant à expliquer au dîner de famille. Le film s’est même offert Times Square comme terrain de jeu promotionnel, histoire de rappeler qu’à Hollywood, le marketing a parfois plus de budget que les idées.
Pour l’amour du rire… mais surtout pour le pire
Contrairement au reste de la salle, je n’ai quasiment pas ri. Peut-être parce que ce type d’humour ne me parle pas particulièrement, ou peut-être parce que les blagues arrivent avec une telle évidence qu’on a parfois le temps de les voir traverser la pièce avant qu’elles ne tombent à plat. Le film passe pourtant à la moulinette une bonne partie des succès horrifiques récents : Sinners, Ma, Scream, It Follows, Weapons, Smile, Halloween, Wednesday…
Autant dire qu’il y a de quoi remplir un buffet de références, même si tout cela est parfois incrusté au chausse-pied dans un scénario qui part dans tous les sens tout en réussissant, étrangement, à tenir debout.
Le prologue, lui, laisse entrevoir quelque chose de plus prometteur. Le film y casse le quatrième mur dès le départ, avec une mise en scène dynamique et un vrai peps qui fonctionne plutôt bien. Il y a même une énergie presque réjouissante, comme si le film voulait rappeler qu’il savait encore bouger sans tomber dans l’auto-caricature. Pour le reste, la trame narrative est évidemment à prendre au deuxième, troisième ou quatrième degré, ou à ranger dans une autre pièce avec le bon sens.
Le problème, c’est que là où la parodie devrait créer du décalage, le film choisit souvent la lourdeur. Il insiste au lieu de suggérer, martèle au lieu de piquer, et finit par transformer la mécanique comique en un assemblage un peu épuisant. L’empilement des références et des auto-références amuse d’abord, parce qu’il repose sur l’attente de la prochaine cible à détourner. Mais à force de surcharge, le film perd son rythme et son efficacité. Pour une œuvre qui se veut « sans limite », son énergie a parfois la souplesse d’une chaise de bureau coincée.
![[Critique] « Scary Movie 6 » : critique menacée de rire 15 w1500 57091575](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/06/w1500_57091575.jpg)
Nostalgie en costume neuf
Mon impression générale est que Scary Movie 6 n’est pas tout à fait un film, mais plutôt un objet nostalgique déguisé en produit 2026. Comme d’autres tentatives récentes de relancer des franchises comiques, il semble persuadé que son simple nom suffit à recréer l’élan d’autrefois. Sauf qu’Hollywood oublie parfois qu’on ne ravive pas une époque avec un logo et deux références à peine remises au goût du jour.
Le film donne l’impression de vouloir retrouver l’insolence des années 2000 sans vraiment comprendre ce qui la rendait efficace. Il singe l’énergie d’une autre époque, mais sans toujours retrouver sa précision, ni surtout sa fraîcheur. Et c’est peut-être là que le malaise se situe : la parodie, autrefois nourrie par l’écart entre les codes du cinéma et leur détournement, doit aujourd’hui rivaliser avec un Internet qui fait déjà ce travail à une vitesse foudroyante.
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Faut-il encore faire des parodies au cinéma?
À l’annonce de Scary Movie 6, je me suis quand même posé la question :
est-ce qu’une parodie de film peut encore vraiment marcher aujourd’hui?
Pas juste sur le coup, pas juste pour faire lever un sourire, mais comme une vraie proposition qui a encore quelque chose à dire. Parce qu’à l’ère d’Internet, les films n’ont même plus le temps de devenir cultes que déjà ils sont détournés, remixés, transformés en mème ou en vidéo absurde avec trois bruitages et une musique dramatique.
Du coup, la parodie au cinéma n’a pas disparu, mais elle a clairement changé de place. Avant, elle arrivait après le film original pour en exagérer les codes. Maintenant, elle arrive dans un monde où tout est déjà commenté, recyclé et tourné en dérision en temps réel. Le cinéma n’a plus le monopole de la moquerie : internet fait ça très bien, et souvent plus vite.
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Mais ça ne veut pas dire que la parodie n’a plus aucun intérêt. Au contraire, elle peut encore être drôle, et même assez fine, quand elle sait viser juste. Elle peut pointer les clichés, se moquer des tics de mise en scène, ou pousser à l’extrême ce que les films de genre prennent trop au sérieux. Le problème, c’est qu’elle repose beaucoup sur le bon dosage : si elle insiste trop, elle devient lourde ; si elle se contente d’empiler les références, elle finit par ressembler à un gros clin d’œil fatigué.
![[Critique] « Scary Movie 6 » : critique menacée de rire 21 w1500 56826302](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/06/w1500_56826302-750x286.jpg)
Et c’est un peu ce qui me gêne avec Scary Movie 6 : le film semble vouloir retrouver l’énergie des parodies d’avant, mais sans vraiment adapter sa méthode à l’époque actuelle. Il veut parler au présent, mais avec une logique qui sent encore beaucoup les années 2000. Résultat, on sent l’intention, mais aussi le décalage. Et ce décalage pourrait être intéressant s’il était mieux assumé, au lieu de donner parfois l’impression d’un film qui court après son époque sans trop savoir comment la rattraper.


![[Critique] « Scary Movie 6 » : critique menacée de rire 12 w1500 57423299](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/06/w1500_57423299-1155x770.jpg)


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