[Fantasia 2018] Under the Silver Lake: pour l’amour de la culture pop

Note des lecteurs4 Notes6.3
9

Un jeune homme qui s’est épris de sa délicieuse voisine décide de mener sa propre enquête lorsque cette dernière disparaît mystérieusement.

On pouvait s’attendre à beaucoup avec ce nouveau film de David Robert Mitchell (It Follows), mais peut-être pas à un film aussi parfait, autant dans son délire que son exécution. Difficile de qualifier le voyage qui nous attend dans Under the Silver Lake. Si le film peut se lire à différents niveaux, il se veut certainement une déclaration d’amour à l’âge d’or Hollywood, mais carrément à la culture pop également. L’intrigue prenant d’abord des allures du film noir des années 1940 se métamorphose ensuite en suspense Hitchcokien, pour emprunter ultérieurement plusieurs imageries dignes des comédies musicales de la grande époque du studio MGM. Le cinéaste utilise même le dessin animé pour nous raconter un récit enchâssé.

Si ce délire sur pellicule propose une intrigue fourre-tout qui frôle autant la comédie, l’absurde que l’horreur, Mitchell joue d’ingéniosité pour mettre ses emprunts à son service. Il nous berce avec ses scènes qui se décalent les unes aux autres et semble se jouer de la sorte des cinéphiles ayant tenté d’interpréter It Follows en y décelant un réservoir de signes. Il faut bien mentionner que ce précédent long-métrage semblait véhiculer un message plus conservateur pour certains et que le cinéaste aurait mentionné son malaise face à la multitude d’interprétations. Est-ce que l’idée peut l’avoir mené à se moquer de ce phénomène? C’est comme si Andrew Garfield se glissait dans la peau du spectateur voulant tout décortiquer pour mettre le doigt sur la clé de l’énigme. Le film devient une dissertation sur la sémiotique assez enivrante et cette étude des signes promet un inventaire de blagues exaltantes. Mieux vaut donc cesser de spéculer et laisser le film nous emporter.

Under the Silver Lake n’est pas un film proposant un début, un milieu et une fin. C’est un ovni cinématographique qui risque d’en déconcerter plusieurs, ne serait-ce que par sa longueur et son aisance à laisser planer certaines questions sans réponse. La sublime musique de Rich Vreeland souligne brillamment les différents genres dont on s’inspire.

Faisant tantôt office de James Stewart épiant ses voisins, tantôt de John Garfield admirant Lana Turner, sans oublier sa passe à la James Dean, Andrew Garfield est tout simplement époustouflant. Se parodiant lui-même en tant que Spider-Man, l’acteur porte cette grande œuvre sur ses épaules. Ce n’est d’ailleurs pas si surprenant que Topher Grace, ayant joué l’ennemi de Tobey Maguire dans Spider-Man 3, y incarne son ami.

Under the Silver Lake arrive en salle le 7 décembre prochain.

Consultez notre couverture Fantasia 2018

 

 

 

 

 

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