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[Critique] « Rosemead » : quand l’horreur s’invite au quotidien

Pour celleux qui ont pris l’habitude de me lire, vous commencez à savoir que j’aime lorsque l’horreur est réinventée. Lorsque les limites et les codes du genre sont détruits, dépassés ; bref, lorsqu’un artiste a l’audace de jouer avec les structures de l’horreur, j’ai tendance à être charmée. Eh bien, c’est ce qu’Eric Lin nous offre avec son plus récent long-métrage, Rosemead.

Entre drame sombre et émotions fortes, Rosemead nous bouleverse et nous déstabilise par tout ce que le cinéma a de plus fort à offrir.

Inspiré d'une histoire vraie, Rosemead nous transporte dans le quotidien mouvementé de Joe (Lawrence Shou), un jeune adolescent vivant avec la schizophrénie, et de sa mère, Irene (Lucy Liu), atteinte d'un cancer en phase terminale. Les secrets s'empilent, les hallucinations se succèdent, les trahisons surviennent, mais le lien qui unit la mère et son fils demeure plus fort que tout... plus fort que la mort, que la vie. Jusqu'où peut-on aller par amour? Quelles frontières sommes-nous prêts à transgresser pour notre enfant?

L’histoire vraie derrière le film

Rosemead poster

Le 27 juillet 2015, Lai Hang loue une chambre dans un motel, prend avec elle une arme à feu et enlève la vie de son garçon, George, alors à l’aube de ses 18 ans. Lai Hang était convaincue de faire la bonne chose, de protéger son fils en posant ce geste fatal. George souffrait de problèmes de santé mentale et, dès qu’il atteindrait la majorité, Lai Hang perdrait son pouvoir de tutrice légale. Sans oublier que ses propres jours étaient comptés en raison d’un cancer particulièrement agressif.

À ses yeux, enlever la vie de son fils lui semblait être la meilleure manière de le protéger du reste du monde. C’est de cette tragique histoire que s’inspire Rosemead. Eric Lin en reprend les grandes lignes avec une grande sensibilité, et c’est tout à son honneur.

L’horreur du quotidien

À mon sens, il est possible de donner plus d’une définition au terme « horreur », que ce soit celle du quotidien, celle plutôt fantastique, fantomatique, ou même celle qui prend dans les tripes par le dégoût. Avec Rosemead, on est au cœur d’un drame du quotidien. Une histoire qui aurait pu, sans l’ingéniosité du scénario, rester dans la catégorie « drame ». Cependant, grâce aux séquences hallucinogènes de Joe et à la tension maintenue tout au long du film, on se retrouve dans un suspense bien rythmé à l’émotion palpable du début à la fin.

Eric Lin nous offre un film audacieux ; il nous offre le quotidien dans ce qu’il a de plus laid. Entre fatalité inévitable et cauchemar éveillé, Lin redéfinit les codes de l’horreur, se les approprie et nous offre une histoire à glacer le sang.

Rosemead 1

Un premier acte intriguant

Rosemead s’ouvre sur un premier acte pour le moins intrigant. En tant que spectateur, on dispose de peu d’informations pour comprendre ce que l’on nous présente à l’écran. Pourtant, et étonnamment, ce manque ne nous donne que plus envie de savoir la suite. Avec cette confusion volontaire installée dès les premières secondes, Eric Lin réussit à nous accrocher, à nous prendre au cœur et au corps.

En nous intriguant ainsi, le cinéaste nous insuffle un puissant besoin de connaître la suite, de comprendre, mais surtout de voir jusqu’où on nous mènera.

En bref, le premier acte de Rosemead est une accroche plus qu’efficace au drame horrifique que l’on s’apprête à visionner!

Un coup de massue

Si le premier acte est pour le moins intrigant, le clou du spectacle demeure le dernier acte, que j’oserais comparer à un coup de massue. Tout au long de celui-ci, j’ai eu l’impression qu’un camion me roulait sur le corps tant c’était intense et puissant. Le troisième acte de Rosemead est un choc du début à la fin ; je me suis surprise à avoir littéralement la bouche ouverte et les yeux exorbités jusqu’à l’apparition du générique final.

La finale de Rosemead est touchante, frappante et déstabilisante. Elle est à l’image de l’œuvre dans son entièreté, tout en la couronnant de manière choquante. Les larmes ont coulé sur mes joues, mon cœur a cessé de battre. En d’autres mots, Eric Lin sait comment nous faire vivre, comment marquer les esprits.

En somme, Rosemead est une œuvre qui ne laisse personne indemne. Plus qu’un simple film, c’est une expérience viscérale qui nous force à regarder la maladie et le désespoir droit dans les yeux. Si vous cherchez un cinéma qui bouscule, qui fait mal mais qui déborde d’humanité, ce premier long-métrage d’Eric Lin est un incontournable absolu.

Rosemead | Official Trailer (HD) | Vertical
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Rosemead
Note des lecteurs0 Note
Pour les fans...
de true crime
de drame sombre
4
Note Horreur Québec

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