The last Sacrifice

[Critique] « The Last Sacrifice »  : quand le fait divers explique le cinéma (et vice versa)

En 1945, le corps du travailleur agricole Charles Walton est retrouvé sur les pentes de Meon Hill, dans la paisible paroisse anglaise de Lower Quinton. L'homme a été battu, une fourche lui a transpercé le cou et une croix a été gravée sur son torse. Malgré les efforts de Scotland Yard, le meurtrier n'a jamais été retrouvé.

C’est ce point de départ macabre que le réalisateur Rupert Russell choisit pour son documentaire The Last Sacrifice (2024) qui arrive sur la plateforme Shudder le 16 février. Mais plus qu’une simple enquête true crime sur un meurtre non résolu, ce documentaire se veut une exploration expansive de l’occultisme au Royaume-Uni au 20e siècle.

Une symbiose entre réel et fiction

The last Sacrifice

La grande force du documentaire réside indéniablement dans sa forme. Russell propose un mélange enivrant d’entrevues, d’images d’archives et d’une collection apparemment inépuisable d’extraits de films de folk horror.

Le montage est particulièrement intéressant : le réalisateur entrecoupe le récit factuel avec des scènes de films de fiction traitant des mêmes thématiques.

Ces extraits ne sont pas là que pour faire joli; ils permettent de raconter l’histoire réelle à travers le prisme du cinéma, soulignant comment les échos du meurtre de Walton ont infiltré la culture populaire, notamment dans des œuvres phares comme The Wicker Man (1973), Witchfinder General (1968).

Déconstruction du sensationnalisme

Au-delà de l’esthétique, le film offre une analyse pertinente de la « panique morale ». Un exemple frappant est le traitement d’Alex Sanders, figure clé de la Wicca dans les années 60. Alors que les tabloïds de l’époque le dépeignaient comme un sorcier maléfique, le documentaire utilise des images d’archives pour le montrer sous un jour beaucoup plus banal : un homme de la classe ouvrière qui cherche sa place.

Cette juxtaposition entre l’image médiatique (le « Roi des Sorcières ») et la réalité (un homme ordinaire) est l’un des points forts de l’analyse sociologique du film.

The last sacrifice
The Wicker Man (1973)

Un récit qui perd parfois le nord

Cependant, cette ambition a un prix. À force de vouloir analyser le contexte historique, l’occultisme et les médias, le film s’égare de sa trame originelle : le meurtre du vieux monsieur.

Le spectateur se retrouve balloté entre l’enquête policière et des digressions analytiques qui, bien qu’informatives, grâce aux interventions des différents experts s’étirent parfois en longueur. Cette dualité donne parfois l’impression de regarder deux films distincts qui luttent pour le temps d’écran, ce qui dilue la tension dramatique.

Au final, The Last Sacrifice se regarde bien. C’est une proposition honnête qui plaira aux amateurs de curiosités historiques et aux fans de folk horror désireux de comprendre les origines du genre. Ce n’est pas un documentaire parfait ni révolutionnaire, mais il offre un contexte pertinent sur une époque où la superstition côtoyait la modernité.

‘THE LAST SACRIFICE’ Official Trailer 2025 – The Truth Behind 1970s Folk Horror
Note des lecteurs0 Note
Pour les fans...
The wicker Man
3.5
Note Horreur Québec

Zeen is a next generation WordPress theme. It’s powerful, beautifully designed and comes with everything you need to engage your visitors and increase conversions.

Abonnez-vous à notre nouvelle infolettre!