Ne jamais trembler (Never Flinch) est le nouveau récit de Stephen King, le maître de l’horreur littéraire. Les habitués ont pris pour acquis que la sortie d’un livre de King est un événement en soi, mais quand il met en scène Holly Gibney, personnage adoré des lecteurs, l’attente est plus difficile. Après l’avoir vue évoluer dans Mr. Mercedes, Carnets noirs, Fin de ronde, L’Outsider, Si ça saigne et Holly, que vaut ce retour de la détective?
Alors qu’elle tente de donner un coup de main à son amie Izzy, qui travaille sur le cas d’un tueur en série ayant annoncé à l’avance à la police qu’il allait tuer quatorze personnes, Holly Gibney accepte d’assurer la défense d’une militante pour les droits des femmes traquée par un mystérieux individu.
Ne jamais trembler est un roman très divertissant, très bien rythmé, où se chevauchent plusieurs intrigues parallèles. Stephen King n’est pas considéré comme le maître de l’horreur pour rien.
Cela dit, certaines ficelles semblent parfois un peu grosses ici et là. Qu’Holly soit dotée d’une aptitude de déduction incomparable est une chose, mais qu’on la place dans le rôle de garde du corps et qu’elle enfile cette position comme un gant sans problème est un peu exagéré. Nous aimions cette fille insécure qui brillait d’intelligence, mais si amusante soit-elle, sa transformation en « superwoman » sonne parfois un peu faux.
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Il en est de même pour sa jeune amie Barbara, qui passera de jeune poète à choriste par le biais d’une populaire chanteuse de soul aimant ses textes. C’est comme si King aimait tellement ses protagonistes qu’il les dépeint comme étant beaux, talentueux, intelligents, forts, et qu’ils en viennent à perdre de leur humanité.
Par ailleurs, si les thèmes défendus par King sont fort valables, les personnages secondaires sont souvent débordants de clichés. Qu’il s’agisse de Kate, la féministe endurcie, ou de cette vieille chanteuse, le niveau de nuance manque de finesse.
Malgré tout, l’intrigue fonctionne en partie à cause de la grande intensité des vilains et de la manière dont King nous les révèle peu à peu. La finale demeure prenante, même si elle ne surprend guère.
Au final, Ne jamais trembler est un bon roman à lire pour passer un dimanche pluvieux, mais ce n’est aucunement dans les œuvres clés de l’auteur.


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