cold storage 2

[Critique] « Cold Storage » : champignon, vomi et Joe Keery

Le 13 février prochain, Cold Storage de Jonny Campbell débarque dans les salles de cinéma canadiennes. Est-ce que cette comédie horrifique rendra le rire contagieux ou bien le public restera immunisé aux blagues de ce récit de terreur biologique?

Cold Storage suit l’histoire de Travis «Teacake» Meacham (Joe Kerry), un employé dans un centre de stockage qui était autrefois une base militaire secrète. Le sous-sol de cette base est loin d’être désert. Il abrite un dangereux champignon invasif autrefois découvert par Robert Quinn (Liam Neeson), un agent du Pentagone, expert en menace biologique. Après plusieurs années passées dans l'oubli, le champignon refait surface. S’ensuit une course contre la montre pour Teacake et sa collègue Naomi (Georgina Campbell) qui devront tout mettre en œuvre pour survivre au quart de nuit le plus mortel de leurs vies.

L’art de la comédie d’épouvante

L’humour et l’horreur ont toujours été un mélange savoureux. Les exemples ne manquent pas, et certains d’entre eux remontent à bien longtemps. Abbott and Costello Meet Frankenstein (1948),  The Little Shop of Horrors (1960), The Return of the Living Dead (1985) et Shaun of the Dead (2004) illustrent bien ce fait. 

image

Pour qu’une comédie d’horreur soit efficace, elle doit balancer deux aspects importants.

Petit un, elle doit être drôle. Petit deux, elle doit être suffisamment grotesque pour inciter un sentiment d’épouvante, sans nécessairement terrifier.

La comédie découle souvent des protagonistes, qui sont en règle générale maladroits, pour ne pas dire complètement imbéciles. La menace, quant à elle, doit être un problème sérieux offrant un réel obstacle à surmonter pour le protagoniste. De cette confrontation vont naître des situations parfois loufoques, parfois dramatiques, mais fréquemment captivantes.

Cold Storage ne parvient cependant pas à se démarquer dans ce domaine. L’humour n’est pas mal écrit en soi, mais les blagues peine à faire rire à trop d’occasions. Pour ce qui est de la tension, elle est trop superficielle pour rendre les enjeux crédibles. Les personnages sont drôles et joués par d’excellents acteurs, mais le scénario ne leur permet pas de briller.

L’art de faire rire

Teacake est un protagoniste de comédie d’horreur typique. Il est drôle, un peu bonasse et son incapacité à dire non le met sans cesse dans des situations problématiques. Au début du film, il est établi qu’il tente de remettre sa vie sur les rails en travaillant ce talon d’Achille. Cet arc narratif a été visité maintes fois dans d’autres comédies horrifiques. Le protagoniste un peu nigaud doit apprendre à surmonter sa faiblesse de caractère au travers d’une crise pour en ressortir grandi. Un classique, pour ne pas dire un cliché.

Ce qui sauve ce personnage d’être ennuyeux, c’est qu’il est interprété par l’excellent Joe Keery. Son jeu d’acteur permet d’élever quelques blagues et d’arracher quelques rires. Lorsque Georgina Campbell et lui échangent leurs répliques, il devient facile pour le public de s’attacher aux personnages.

cold storage

La présence de l’illustre Liam Neeson est la meilleure partie du film. Arborant la même intensité que dans ses rôles de films d’action, Neeson prête à son personnage sa voix grave et autoritaire. Cela occasionne de beaux contrastes entre l’interprétation sérieuse de l’acteur et le matériel comique du scénario, un vrai régal. Sa performance pince-sans-rire ne laissera personne de glace.

L’art de faire peur

L’infection du champignon mutant est visuellement intéressante. La réalisation de quelques scènes vend bien le concept de ce micro-organisme hautement agressif, qui se propage plus vite que la peste. C’est l’un des principaux points forts du film, il sait faire preuve d’originalité pour présenter le champignon comme une menace pouvant détruire la Terre. Les infectés sont répugnants, l’horreur de leur dégradation est à la fois satisfaisante et écoeurante.

cold storage 3

Il est néanmoins difficile de les craindre. Leurs attaques contre les survivants manquent de variété. L’imminente menace du champignon est tellement dangereuse, qu’il est peu probable que les protagonistes y survivent sans la protection du scénario. Il est donc ardu de se prêter au jeu, car Teacake et Naomi ne semblent jamais en réel péril.

En somme, Cold Storage est un divertissement sympathique qui manque de mordant. Il y a quelques scènes qui débordent de créativité, mais elles sont trop peu nombreuses pour laisser un réel impact. Le manque de tension ne permet pas aux enjeux dramatiques de vivre leur plein potentiel, malgré un antagoniste débordant de promesses (et de mucus vert). La présence d’acteurs bien-aimés dans le casting ne sera pas en mesure d’élever l’œuvre au rang de film culte. Si le champignon est hautement contagieux, l’engouement pour Cold Storage risque de l’être beaucoup moins.

Cold Storage | IN THEATERS THIS FRIDAY | Get Tickets Now
Note des lecteurs0 Note
Pour les fans...
De Joe Keery
De Liam Neeson
De Georgina Campbell
De monstres gluants
2
Note Horreur Québec

Zeen is a next generation WordPress theme. It’s powerful, beautifully designed and comes with everything you need to engage your visitors and increase conversions.

Abonnez-vous à notre nouvelle infolettre!