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[Critique] « Diabolic » : une terreur dans le regard

C’est dans votre salon que vous pourrez découvrir Diabolic dès le 20 mars sur apple TV. Le film de Daniel J. Phillips fait l’impasse sur le cinéma pour une sortie exclusive sur les plateformes numériques.

Un film où religion et traumas se côtoient et s’entremêlent afin de créer un récit cauchemardesque.

Elise (Elizabeth Cullen) est tourmentée par ses traumas. Dix ans après avoir quitté une communauté mormone particulièrement stricte, elle décide d'affronter ses démons et d'y retourner. Quoi de plus efficace qu'une thérapie par exposition? Pourtant, le tout tourne au drame alors qu'Elise tente de se libérer d'une entité démoniaque qui la possède depuis trop longtemps. S'en sortira-t-elle?

Thématiques pertinentes et actuelles

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L’aspect le plus intéressant de Diabolic réside dans ses thématiques : elles sont pertinentes et actuelles.

Seulement, la manière dont elles sont abordées dans le récit offre un résultat fade. Le contrôle des femmes par la religion est au centre du long-métrage de Daniel J. Phillips ; on frôle aussi la non-conformité hétérosexuelle dans une communauté religieuse, et donc le tabou et le secret qui en résultent.

Des thèmes qui sont contemporains et dont la visibilité est nécessaire. Cependant, ils sont abordés avec un certain manque de tact et dilués dans un manque d’originalité poignant.

Un scénario prémâché

Le récit présenté dans Diabolic est, en effet, loin d’être original. Ici, le spectateur se retrouve plongé, une fois de plus, dans une histoire d’horreur des plus génériques… un récit qu’il a vu et revu plus d’une fois : la pauvre femme traumatisée qui, poussée par un entourage aux motivations douteuses, retourne là où tout a commencé pour elle, où son monde a basculé et où les démons ont commencé à hanter sa tête.

Une histoire clichée et facile. Sans suspense, il est aisé de deviner les virages que prend le scénario, tuant tout possible effet de surprise et de tension. Cela contredit la promesse du film, celle d’être l’un des meilleurs films d’horreur de l’année, comme certains le qualifient.

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Le regard d’Elise

Si l’esthétique est uniforme et sans grand éclat (tant dans les couleurs que dans la caméra), un élément visuel attire l’attention : le regard d’Elise. Tout au long du film, c’est son regard à elle qui définit le bien et le mal.

Ingénieusement, c’est à travers lui que le spectateur suit la déchéance du personnage. Passant d’un regard peiné mais plein d’espoir à un œil terrorisé, traumatisé, le public est témoin d’un cauchemar éveillé à travers les iris d’Elise.

En soi, cet élément visuel est une belle touche ajoutée au film, lui offrant une personnalité propre.

DIABOLIC Official Teaser Trailer (2025)

En bref

En résumé, Diabolic est un film qui emprunte des sentiers déjà connus. Le long-métrage essaie d’aborder des sujets pertinents et contemporains (la non-conformité, le contrôle de la femme et de son corps, les traumas), cependant il le fait de manière vaseuse. Le résultat est plat, fade. Le jeu des acteurs sonne faux et fait décrocher, sans oublier le manque de suspense du scénario.

Pour un film se disant effrayant et frissonnant, Diabolic se révèle plutôt générique. Il a beaucoup de bonnes intentions, mais une exécution plutôt ordinaire.

Ceci étant dit, la meilleure manière de vous faire une tête reste toujours de le visionner.

Diabolic
Note des lecteurs0 Note
Pour les fans...
Saint Maud pour l'obsession religieuse étouffante.
The Lodge pour le retour cauchemardesque aux sources d'un traumatisme lié à une communauté isolée.
The Last Exorcism, parfait pour ceux qui aiment quand l'horreur psychologique se frotte au fanatisme religieux.
2.5
Note Horreur Québec

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