Un tout nouveau thriller horrifique de l’auteur de Se7en et 8mm? Oh! Mettant en vedette l’héroïne de Barbarian, en compagnie d’un des producteurs de ce dernier? Oui! Surtout que la bande-annonce (sortie en octobre dernier) était assez convaincante merci.
À peine deux jours après l’enterrement de son amoureux, qui a été assassiné sous ses yeux, une policière nommée Jane Archer (Georgina Campbell) fait fi de son PTSD et se met aux trousses du meurtrier.
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Mais pas n’importe lequel : on parle du « satanic slasher », qui a laissé dans son sillage une trentaine de cadavres mutilés sur les routes américaines au cours des deux dernières semaines.
Eh oui, nous avons ici un tueur en série qui semble aussi torturé que dépravé, en forme d’imposante montagne de muscles tatoués, affublée d’un terrifiant masque à gaz et d’une crinière aussi crasseuse que celle du Michael Myers de Rob Zombie.
Bref, il a la gueule de l’emploi en maudit et le potentiel de devenir une icône instantanée. En guise de cerise sur le sundae, le tout implique une secte qui pourrait bien être menée par nul autre que le roi de l’ultraviolence lui-même, soit l’acteur culte britannique Malcolm McDowell.
Vous savez, le niveau d’appréciation d’une œuvre filmée se joue plus souvent qu’autrement dans les attentes qu’on se crée avant de la visionner. Contrairement à Longlegs, dont la solide campagne marketing nous promettait un chef-d’œuvre de la trempe de The Silence of the Lambs et Se7en, la bande-annonce de Psycho Killer, bien que similaire dans la forme à celle du film cité, a préféré ne pas jouer la carte de la subtilité (et ce, même si on s’est heureusement gardé un bel atout dans sa manche… pour une finale des plus explosives, qu’on se gardera de divulgâcher).
Surtout que d’emblée, on ne perd pas de temps avant de happer le public, avec une scène choc nous embarquant illico dans ce road trip qui démarre sur les chapeaux de roues. Et sachez que l’action et la tension ne ralentissent pas vraiment, votre scribe étant resté scotché sur le bout de son siège jusqu’à la toute fin de cette petite heure et demie (comme dans le temps!).
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(Pas trop) Générique
Le scénariste Andrew Kevin Walker est connu pour les psychopathes, meurtres crapuleux et autres frappantes surprises de ses scénarios à tendance horrifique, adaptés avec brio par des réalisateurs tels que Tim Burton (Sleepy Hollow), Joel Schumacher (8mm) et, en particulier, David Fincher (soit Se7en, The Game, Fight Club et The Killer).
Ici, Walker nous garde tout près de son boogeyman, qui s’amuse à peinturer les murs de motels minables avec le sang de ses victimes, un peu comme la bande à Manson jadis. D’ailleurs, notre bonhomme est bien plus près de Frank Zito de Maniac (1980), des cinglés de The First Power et Joy Ride, du Red Dragon de Manhunter et d’authentiques tueurs (comme le Zodiac et le Son of Sam) que de Jason Voorhees, mettons.
![[Critique] « Psycho Killer » : satanique panique en mode serial slasher qui déchire 17 Still 2025 09 26 163026 1.1.22 1](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/02/Still-2025-09-26-163026_1.1.22-1-750x314.jpg)
Sans avoir essayé de réinventer la roue, Walker semble surtout s’être amusé ferme avec les clichés ayant engendré la panique satanique. Vous savez, cette hystérie collective qui a jadis fait si peur aux parents coincés des USA (tout comme aux Anglais et leurs fameux « video nasties »). Car notre meurtrier roule en rutilante muscle car, voue un culte à Satan, carbure aux drogues de toutes sortes et écoute du heavy metal, qui est, comme vous le savez, la musique du diable (on peut d’ailleurs entendre des pièces de Venom et Dark Funeral!).
De plus, la réalisation est impeccable, avec son générique magnifique, sa photo léchée (on se croirait chez les Coen de Fargo et No Country for Old Men), sa belle utilisation du ralenti et son montage rutilant, le tout rehaussé d’une trame sonore parfaitement oppressante (Sven Faulconer : Scream VI).
![[Critique] « Psycho Killer » : satanique panique en mode serial slasher qui déchire 19 Still 2025 09 26 163026 1.1.17](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/02/Still-2025-09-26-163026_1.1.17-750x313.jpg)
Bien que le film soit son tout premier en tant que réalisateur, Gavin Polone n’est pas né de la dernière pluie, ayant notamment produit deux solides thrillers adaptés de scénarios de Walker (8mm et Stir of Echoes), un Fincher (Panic Room) et les deux Zombieland. Sachez que votre scribe, qui est habituellement imperméable aux jump scares, a même sursauté à quelques reprises. Chapeau Polone, beau boulot!
Performances qui déchirent
Du haut de ses 6 pieds 6 pouces (c’est presque 666, hein?), notre psycho de 260 livres en impose. Surtout que son interprète, James Preston Rogers (Pixels, The Blackening), possède également une voix monocorde des plus graves, et lorsqu’il parle, son calme est implacable.
Mais tasse-toi de là lorsqu’il enfile son masque : il tombe en mode brutal et est impitoyable avec n’importe quelle arme.
Et dans le rôle de vengeresse au lourd trauma, sachez que Campbell est très crédible ; Horreur Québec a d’ailleurs eu la chance de s’entretenir avec l’actrice (restez à l’affût, l’entrevue sera publiée demain).
On ne peut nier qu’on aurait pris plus de scènes avec McDowell (oui-oui, notre cher Alex d’A Clockwork Orange, qui a aussi incarné le Dr Loomis dans une autre vie), dont le rôle est délicieux. Seule autre ombre au tableau, la cruelle absence du succès de Talking Heads, qui prête son nom au titre du film. Un tube qui aurait été parfait pour accompagner le générique de fin, alors qu’on a eu plutôt droit à une pièce du groupe de métal industriel 3TEETH. Opportunité manquée s’il en est une.
Ce que vous devez vraiment savoir, c’est que Psycho Killer tient ses promesses, livrant un petit film fort bien ficelé et sans prétention, avec une bonne distribution, à la fois intemporel, généreusement sanglant et dégraissé à l’os.
Bref, une bien belle série B qui livre la marchandise, et dont on ressort repu, avec le sourire en faisant le signe du diable avec les deux mains. Pour vrai, à quand la suite?


![[Critique] « Psycho Killer » : satanique panique en mode serial slasher qui déchire 12 PK 01079 1](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/02/PK-01079-1-1155x770.jpg)


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