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[Fantasia 2018] Cam: la prétention et l'indifférence
4Note Finale

Une camgirl obsédée par sa popularité voit sa vie littéralement transformée en cauchemar lorsque son sosie lui vole son profil et effectue des spectacles érotiques à sa place.

Cam était très stimulant au niveau de sa prémisse, qui promettait une excursion dans un univers marginalisé. L’industrie du sexe a été maintes fois exploitée sous la houlette de différents cinéastes. Ce qui aurait pu apporter une variante intéressante était bien sûr le médium utilisé, la webcam. Le sujet est trop large pour le scénario bancal d’Isa Mazzei, elle-même ancienne travailleuse du milieu. Sa personnalisation de cet univers se veut quelque peu simpliste. De ce fait, le film Paris, Texas du grand Wim Wender, datant pourtant de 1984, propose en un seul segment une réflexion plus minutieuse, philosophique et d’actualité sur les conflits moraux du milieu. Quant aux observations plus superficielles de ce monde, inutile de mentionner qu’on est à des années-lumières de la prestance de Boogie Nights de Paul Thomas Anderson.

C’est un film sur les webcams me direz-vous, mais le medium utilisé par les travailleurs du sexe ne change aucunement les conflits. Ici, on joue à recycler les plus dépassés en proposant de superposer vanité et regrets. Le ton solennel de Cam implique et impose une comparaison et nous sommes loin d’atteindre la profondeur promise par l’idée de départ.

Pour dresser une touche mystérieuse, on nous remâche pour la énième fois ce concept du double, qui n’a cessé d’être en vogue depuis Vertigo. Mais Daniel Goldhaber n’est pas David Lynch pour se réapproprier Hitchcock et en faire quelque chose d’unique. Il ne faut donc pas s’attendre à cette savoureuse étrangeté entourant Maddy Ferguson et Laura Palmer de la série Twin Peaks par exemple. La réalisation de Goldhaber est lustrée, mais sans finesse. Il mise beaucoup sur ses décors colorés pour dépeindre un certain onirisme, mais n’a que bien peu de consistance à leur ajouter.

Dans le premier rôle, l’actrice Madeline Brewer (The Handmaid’s Tale, Hemlock Grove) se donne avec aplomb pour incarner ce personnage antipathique.

Consultez notre couverture Fantasia 2018

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