Le 15 octobre 2025 paraissait sur les tablettes des librairies québécoises le deuxième tome du livre de true crime à succès Captives. Une aventure littéraire qui se veut le prolongement du balado éponyme réalisé et animé par Annie Laurin et Michèle Ouellette.
Horreur Québec tient à remercier les éditions Fides de nous avoir gracieusement fait parvenir un exemplaire du livre!
Sur le site de l’éditeur, on peut lire :
Dans ce tome 2, les créatrices du populaire balado québécois Captives, Annie Laurin et Michèle Ouellette, racontent douze nouvelles histoires inédites de crimes réels et disparitions mystérieuses au Québec.
Qu’est-il arrivé à la petite Chantal de Montgaillard en 1972 à Saint-Hubert? Qui a pris en otage Madeleine Picard dans un village d’Abitibi en 1981? Qu’est-il advenu de Theresia Speier, disparue sans laisser de traces dans la réserve faunique de Mastigouche en 2014? Aurait-on pu prévenir la mort violente de Kataluk Paningayak-Naluiyuk en 2021 au Nunavik?
Disparition inexpliquée, féminicide, prise d’otage ou meurtre « par compassion », ces affaires irrésolues et résolues sont également le reflet de certaines failles du système juridique, mais aussi bien souvent du manque de ressources en santé. Avec rigueur et sensibilité, Annie Laurin et Michèle Ouellette redonnent de l’humanité à toutes ces victimes qui ne peuvent plus témoigner aujourd’hui et nous interpellent : on peut et on doit faire mieux, en tant que société.
Une rigueur exemplaire
À travers les histoires qu’elles nous présentent, les deux autrices font preuve d’une rigueur exceptionnelle. Elles réitèrent l’extrême précision et la délicatesse sentie qui caractérisent leur balado depuis le tout début, il y a déjà quelques années. Les récits sont bien écrits et il est aisé de constater la précision des recherches d’Annie et de Michèle, que ce soit à travers des encadrés théoriques ou par l’exactitude avec laquelle elles dressent le portrait des victimes des crimes odieux relatés dans ce livre.
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Cependant, ce côté très sérieux cloisonne légèrement l’ouvrage, le rendant parfois hermétique. Cela dit, il est intéressant, à la lecture de ce deuxième tome, de se questionner sur l’enjeu du divertissement dans le monde du true crime. Est-ce qu’une œuvre relatant une histoire de crime réel se doit absolument d’être divertissante? Est-ce que le divertissement vient faire tache? A-t-il réellement sa place, au fond? Ce questionnement est particulièrement pertinent alors que l’univers du crime réel ne cesse de gagner en popularité.
Les deux autrices savent choisir leurs mots. Chaque terme dans ce livre est calculé et possède une portée plus grande qu’un simple mot sur une page blanche. Chaque mot porte une histoire, une opinion, un questionnement, un doute.
Bref, Annie et Michèle savent manier la plume et elles le font avec subtilité, d’une main de maître.
Oser questionner
Les deux autrices ont fait le choix audacieux, nécessaire et courageux de soulever des questions difficiles. Elles osent interroger et se servir de la portée de leurs voix. Il suffit de penser à ce passage sur la violence conjugale :
« Sans compter que les gouvernements doivent cesser de réagir à retardement et prendre des mesures concrètes : renforcer la prévention, mieux encadrer les agresseurs, assurer un accès adéquat aux ressources pour tous avant qu’il ne soit trop tard. »
Elles soulignent aussi certains faits qui devraient être la base dans notre société, soulevant des aberrations monstres dans notre système judiciaire :
« Cela ne devrait-il pas être systématiquement prescrit par la loi? Amener les hommes ayant des antécédents de violence à se responsabiliser et à prendre conscience de leur problème dans le but de mieux le comprendre et de le contrôler? »
C’est tout à leur honneur que de se servir de leur plateforme et de leur voix publique pour espérer faire avancer les choses.
L’empathie au centre du livre
Comme mentionné plus haut, les deux autrices prennent le temps de bien décrire les personnes concernées : les victimes, tout comme celles qui restent après le drame. Elles les humanisent, leur donnent une dimension réelle et pas simplement une fonction de victime (collatérale). C’est beau, c’est juste. Lorsqu’elles décrivent un féminicide, elles ont le souci du détail et construisent un portrait complet de Kataluk, la victime :
« Cela dit, Kataluk Paningayak-Naluiyuk n’est pas qu’une victime. Au sein de sa communauté, elle est profondément aimée de son entourage. Malgré ses défis, elle se soucie de ses proches, surtout de ses enfants. Kataluk est maman de six filles, et elle est aussi grand-mère de deux petits-enfants. »
Annie et Michèle font preuve d’une empathie énorme et l’on est en mesure de sentir à quel point les histoires qu’elles nous relatent les touchent réellement, qu’elles sont bouleversées et traversées par ces drames. Elles font vivre les victimes à travers leurs mots.
Les autrices prennent soin de rappeler l’enfer des familles, soulignant une fois de plus la sympathie et l’empathie qui les habitent et qui transcendent les mots :
« Le cycle médiatique a beau rouler depuis sur d’autres nouvelles, les dossiers ont beau s’empiler sur le bureau des autorités, pour les familles qui vivent ce genre de drame, chaque jour est un cauchemar, une torture où est renouvelé un incommensurable sentiment d’impuissance. »
Un livre diversifié
Le choix des histoires est varié, ce qui ajoute à la crédibilité des autrices en démontrant qu’elles n’ont pas peur de chercher loin, de creuser profond, mais aussi qu’elles sont à l’aise de le faire pour faire ressortir des vérités cachées et tues depuis trop longtemps. Malgré la diversité des histoires, elles réussissent chaque fois à installer une ambiance forte et un contexte clair qui permettent au lecteur d’accrocher au récit qu’on lui rapporte.
En bref
En bref, Captives tome 2 est un livre mené par une empathie et une sensibilité exemplaires, de la première à la dernière phrase. Parfois un peu hermétique, mais toujours soigneusement travaillé, le livre est à lire, ne serait-ce que par respect pour la mémoire des victimes.
Bonne lecture et merci encore aux éditions Fides pour le généreux envoi!

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