Le 25 mars 2026 paraît en librairie le tout premier roman de l’auteure Martine Bourque : Fétiches Funèbres, publié par les éditions Alire. Arrimant plusieurs genres littéraires tels que l’horreur, la science-fiction et le cyberpunk, l’œuvre séduit et se distingue grâce à sa poésie à l’état cru.
Raven est atteinte du syndrome de Crowley, un syndrome très rare qui touche 0,2 % de la population. Cette maladie cause l’effroi dans les communautés en raison des effets secondaires qu’elle provoque. Elle permet d’altérer la réalité, de voyager entre les dimensions et d’avoir un sixième sens qui capte toutes les émotions. Ces symptômes sont en réalité une sorte de « magie » et, dans ce monde, il est illégal de faire usage d’une telle abomination.
Dans ce roman, le lecteur est amené à suivre Raven, qui part en tournée nord-américaine avec son band de rétrogoth Funeral Fetish. Dès le premier soir, elle tombera amoureuse de Damon, le chanteur de Bloodscape, le groupe qui assure leur première partie, lui aussi atteint de la même maladie qu’elle. Le chanteur utilise sa magie pour asservir ses fans, sauf qu’une telle utilisation de la magie le mène à sacrifier sa vie à petit feu. Raven est prête à tout pour sauver son coup de foudre, quitte à le suivre jusqu’en enfer.
« Je fantasme de mourir sur un bûcher. De fucker ma vie au point où la société aurait pas le choix de rétablir la peine de mort par brasier juste pour m’exécuter, moi. »
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Pour son premier roman, Martine Bourque ose aller dans la complexité, avec un univers à l’intrigue intelligente où se mélangent parfaitement le cyberpunk et la science-fiction. Malgré plusieurs technologies avancées et des termes liés à l’univers qui peuvent être difficiles à comprendre, l’auteure a choisi d’utiliser un style d’écriture à la première personne du singulier, cru et en joual, ce qui simplifie la compréhension du récit et de son monde, et rend la lecture beaucoup plus immersive pour le lecteur.
Ce genre d’écriture ne fait pas que faciliter la compréhension, il permet également de suivre la narration de son personnage principal, d’avoir les mêmes réflexions qu’elle et de suivre une intrigue compliquée tout en comprenant le vocabulaire utilisé. Martine met beaucoup l’accent sur les ressentis, les émotions, la psychologie des personnages et surtout leurs obsessions. Même si le lecteur peut être en désaccord avec les propos tenus, il est facile de les comprendre et d’avoir envie d’en savoir plus.
Une intrigue qui se passe tout près de chez nous
En plus d’avoir mélangé les styles littéraires, l’intrigue du récit se déroule dans la ville de Montréal et ses environs, plusieurs années plus tard. Les lecteurs ayant déjà été dans la métropole peuvent donc aisément s’imaginer les lieux décrits dans le livre, mais dans un style plus cyberpunk.
C’est encore un autre bon exemple d’immersion, car cela amène un côté dystopique et permet au lecteur de se situer mentalement là où l’action se déroule. Il est donc particulièrement intéressant de découvrir à quoi pourrait ressembler notre quotidien dans les années 2160, avec toutes sortes de nouvelles technologies, telles que la mort sous forme de liquéfia.
« Moi, je rêve de devenir un vrai cadavre. »
Raven, le personnage principal de Fétiches funèbres, est un personnage qu’on peut autant apprécier que détester. En plus d’être le personnage central, elle est également la narratrice de l’histoire, ce qui permet de rester accroché tout au long du récit.
C’est un personnage qui évolue dans un monde où la mort n’est plus un rituel : la population se liquéfie et disparaît dans le sol comme si elle n’avait jamais existé, et la mort n’a plus la même connotation qu’autrefois. Raven permet donc de réfléchir à notre rapport à la mort, puisque son fétiche, qui semble à première vue macabre et étrange, soulève en réalité une belle question philosophique sur la mort en tant que telle.
Elle souhaiterait être brûlée ou enterrée, mais cherche à tout prix à éviter d’être liquéfiée et oubliée.
Malgré ce côté sombre, on ressent sa vraie passion pour la musique, son amour pour Damon et surtout sa façon de parler et d’analyser les choses. Elle possède un humour bien à elle qui fait sourire malgré le drame qui se déroule.
C’est ainsi que l’auteure crée une complicité avec son personnage principal. Tout au long du récit, le lecteur comprend l’intrigue à travers son regard, tombe dans les mêmes pièges, et, même en désaccord avec ses actions, ressent de l’empathie grâce à la vulnérabilité de Raven, exposée tant dans ses moments les plus glorieux que dans ses pires instants. C’est un personnage intrigant, drôle, critique, en proie à l’autosabotage et à de nombreux questionnements, qui pousse l’intrigue à un autre niveau.
Un labyrinthe narratif
Malgré ses 413 pages, l’intrigue du roman est loin d’être ennuyeuse et réussit à maintenir l’attention grâce à ses multiples rebondissements. Ce qui est fascinant, c’est que chaque mot, chaque phrase du livre a son importance et contribue à mener le récit jusqu’à sa finalité. Certains passages paraissent un peu plus longs que d’autres, mais quelques pages plus loin, un nouvel événement survient qui remet en question le chapitre précédent et pousse le lecteur à réfléchir et à se questionner encore sur ce qu’il vient tout juste de lire. Parfois, un événement survenu au début du roman revient à la charge en milieu de lecture, renforçant les liens entre les différentes parties de l’intrigue.
Cependant, ce n’est pas une lecture facile pour des lecteurs débutants, puisque l’intrigue est très intellectuelle malgré le langage utilisé pour la simplifier. Il est préférable d’avoir lu quelques livres aux intrigues recherchées et complexes et d’être amateur de ce genre littéraire pour bien comprendre l’histoire et rester accroché à l’intrigue.
En bref
Fétiches funèbres est un premier roman audacieux et bien maîtrisé qui arrime habilement horreur, science-fiction et cyberpunk. Martine Bourque y déploie un univers riche, complexe et poétique, porté par un personnage principal attachant et fascinant qui captive par sa vulnérabilité, son humour et sa profondeur. L’intrigue, intelligente, crue et pleine de rebondissements, tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.
Un grand merci aux éditions Alire pour cette découverte et nous vous souhaitons : Bonne lecture!

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