[Critique] Dreamkatcher: thérapie pour cauchemars

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3
Note Horreur Québec

Vivant avec la nouvelle copine de son père dans la même maison isolée en forêt où sa mère a trouvé la mort, un jeune garçon tente d’échapper à ses mauvais rêves en dérobant un capteur de rêves dans la boutique d’une voisine.

Les cinéphiles pourront déjà constater avec ce synopsis que ce long-métrage a plusieurs points en commun avec l’excellent The Lodge du duo Severin Fiala et Veronika Franz, dont l’hiver glacial canadien a été ici troqué au profit d’un été ensoleillé.

Dreamkatcher affiche filmAvec Dreamkatcher, qui arrivait à la fois en DVD et en vidéo sur demande cette semaine, le producteur et réalisateur Kerry Harris signe un premier long-métrage.

Si le scénario réussit à évoquer puissamment certaines données dramatiques et psychologiques avec son rythme lent et sa démarche plus intimiste, il devient très triste de constater que la trame fantastique que l’on aspire à tresser au travers soit aussi fade et superficielle. Il en résulte donc deux fils conducteurs: le premier racontant habilement l’histoire de cette thérapeute et mère de substitution, tentant d’amadouer un enfant en deuil de sa vraie mère et le second, proposant cette histoire éculée ayant pour noyau l’objet mythique auquel nous renvoie le titre. Si une kyrielle de légendes existent dans les cultures autochtones concernant l’attrape-rêves, celle qu’on nous raconte ici est sans aucune saveur.

Quoi qu’il en soit, Harris a le talent de proposer une réalisation assez sensible. S’il maintient plus de précision dans les passages plus sérieux, il a au moins l’élégance de ne jamais plonger dans les effets chocs désespérés pour susciter un sursaut lorsqu’il peine à créer des tensions. Il faut dire que les acteurs qu’ils dirigent sont de haut calibre et aident à nourrir une certaine crédibilité. La toujours rayonnante Radha Mitchell (Rogue, Silent Hill) est très convaincante face au jeune Finlay Wojtak-Hissong (The Banana Splits Movie), qui fait montre d’une grande sagesse au niveau de son interprétation. Dans un second rôle excessif, la vétérane Lin Shaye (Insidous, Dead End) est tout simplement saisissante.