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[Critique]: Extraordinary Tales

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3
Note Horreur Québec

Figure emblématique de la littérature fantastique, Edgar Allan Poe (États-Unis, 1809-1849) exerce depuis longtemps une fascination chez des milliers de lecteurs à travers le monde, ayant planté plusieurs des grands thèmes chers au genre. Parce que la plupart de ses récits, articulés autour de la mort, se referment sur une chute saisissante, on dit même qu’il a pratiquement inventé le roman policier si populaire aujourd’hui.

Raul Garcia, animateur de dessins animés espagnol qui a entre autres travaillé sur The Lion King, Aladdin et Tarzan, est l’un de ses plus grands fans et a décidé de mettre cinq de ses classiques en images, avec peu de budget mais de loyales ambitions.

Au milieu d’un cimetière désert, Extraordinary Tales s’ouvre sur une conversation entre un corbeau et une statue. On comprend rapidement que l’oiseau incarne Poe, tandis que l’icône de marbre est la mort elle-même, questionnant l’auteur sur la fascination qu’elle exerce sur lui et qu’il tente de nier. Elle le lui démontrera à travers The Fall of the House Usher, The Tell-Tale Heart, The Facts in the Case of Mr. Valdemar, The Pit and the Pendulum et The Masque of the Red Death.

poe_coverLa magnifique musique de Sergio de la Puente met en valeur les images de Garcia. Ce dernier utilise pour chaque segment un style complètement différent, passant habillement du noir et blanc de The Tell-Tale Heart aux huiles colorées de The Masque of the Red Death, superbe camaïeu de rouges qui nous fait croire que l’animateur a trempé ses pinceaux dans une marre de sang.

Cette diversité des visuels brise l’ennui et dynamise l’ensemble, qui reste toutefois la plupart du temps trop figé à cause de l’utilisation du 3D : on aurait aimé plus de vie, dans ces histoires hantées par la mort. Ce défaut est particulièrement agaçant dans la première histoire, avec des visages anguleux nous rappelant les débuts des jeux vidéos en trois dimensions.

La plus grande qualité de cette anthologie réside dans ses narrateurs, savamment choisis : Christopher Lee (plusieurs Dracula de la Hammer, Lord of The Rings), Bela Lugosi (The Black Cat, Son of Frankeinstein), Julian Sands (Warlock, Arachnophobia), Guillermo Del Toro (Pan’s Labyrinth, The Hobbits) et Roger Corman, ancien mari de Brigitte Bardot qui a lui-même réalisé plusieurs films basés sur les contes macabres de Poe (La Chute de la maison Usher, Le Masque de la mort rouge, Le Corbeau).

Les scènes du cimetière nous font harmonieusement circuler d’une histoire à la suivante, jusqu’à la fin où l’oiseau noir accepte de basculer du côté des statues, rassuré que son œuvre ne tombera pas dans l’oubli, à l’instar des êtres chers qui ont traversé sa vie et sont partis trop tôt. Celui qui disait que «tout ce que nous voyons ou avons vu n’est qu’un rêve à l’intérieur d’un rêve» prend enfin sa place au cimetière.

Il peut être certain que nous ne l’oublierons jamais.

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