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[Critique] La nuée: un savoureux plat de sauterelles grillées

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Note Horreur Québec

Paru en France au début de l’été, c’est via Netflix que La nuée (publicisé sous son titre anglophone The Swarm par la plateforme) arrive enfin jusqu’à nous. Le premier long-métrage du cinéaste Just Philippot (4 histoires fantastiques) concocte un drame familial terrifiant avec son essaim de sauterelles meurtrières.

«Il y a plus de protéines dans 100 grammes de sauterelles que dans 120 grammes de viande». C’est sous cette prémisse que Virginie s’est lancée dans l’élevage d’insectes. Mère monoparentale avec deux adolescents à la maison, sa production insuffisante ne permet pas à la famille de joindre les deux bouts. Les sauterelles se reproduisent peu et meurent prématurément… jusqu’au jour où Virginie découvre leur appétit pour un ingrédient secret.

La nuée affiche film

Contrairement aux films d’exploitation qui se servent d’insectes sanguinaires pour l’attrait du spectacle et du body count, La nuée utilise les bestioles pour traiter de la précarité des milieux de l’élevage et de l’agriculture. Le film nous entraîne dans la spirale descendante du désespoir de cette éleveuse, qui devra littéralement se donner corps et âme pour subsister.

À la réalisation, Philippot réussit l’exploit de rendre cette histoire d’insectes crédible et réaliste. L’homme filme bien les monstres de très près (en effet, cette variété doit bien faire dix fois la taille de nos sauterelles communes), mais donne plutôt dans la suggestion quand vient le temps de la violence; un choix judicieux. En ne montrant pas, par exemple, les bibittes grignoter leur victime, on évite en effet de sombrer dans la caricature. Le cinéaste joue davantage avec le son des nuées, qui s’activent en sentant leurs proies, un effet beaucoup plus alarmant.

Suliane Brahim (Zone Blanche) campe cette mère désemparée et obstinée avec beaucoup de justesse. Sa performance parfois très physique (on salue le courage de la femme d’avoir manipulé autant de sauterelles) inquiète souvent davantage que les petites meurtrières en question. Sa relation tumultueuse dépeinte avec Karim, un ami viticulteur, et ses enfants est écrite avec beaucoup de justesse. Le scénario mise d’ailleurs davantage sur les flammèches entre elle et sa fille Laura,jouée par l’excellente Marie Narbonne (Mandibules), pour corser davantage le drame.

Le métrage est le premier de Wild West, une nouvelle société de production lancée cette année, qui se dédiera au genre et compte devenir en quelque sorte le «Blumhouse européen». Il semblerait donc que la compagnie visera davantage le haut panier de Blum en terme de qualité. Avec son sujet résolument actuel et sa finale viscérale, La nuée s’inscrit comme l’une des meilleures productions horrifiques de l’année.

The Swarm | Official Trailer | Netflix

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