[Critique] «The Curse of Aurore Gagnon»: martyrisée jusqu’au ciné

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Note Horreur Québec

Alors que les gros films américains désertent les cinémas, d’autres productions indépendantes réussissent maintenant à se frayer un chemin dans les salles obscures, pour le meilleur et pour le pire. C’est le cas de Pærish: The Curse of Aurore Gagnon (La Malédiction d’Aurore Gagnon), qui paraissait en grande première mondiale et en exclusivité ce week-end chez Cinémas Guzzo, qui nous avaient offert l’infâme Papa est devenu un lutin en 2018. Le nouveau film d’horreur de notre Aurore nationale gagne bien à la comparaison, mais pas tellement plus.

Pærish The Curse of Aurore Gagnon affiche film

Trois scénaristes américains débarquent dans les régions rurales du Québec pour s’inspirer à l’écriture d’un scénario de film d’horreur portant sur l’histoire populaire locale d’Aurore l’enfant martyre. Ils découvriront davantage que ce qu’ils sont venus chercher.

Répondons d’abord aux vraies questions. Est-ce que l’enfant martyre hante maintenant les forêts du Centre-du-Québec à la recherche de cinéastes américains à tourmenter? Non. Est-ce que les créateurs de The Curse of Aurore Gagnon exploitent l’histoire de l’enfant martyre —  dont on souligne le centième anniversaire de décès cette année — au profit d’un film d’horreur à sensation? Tout à fait. Maintenant, à chacun ses scrupules et si ce dernier détail ne vous irrite pas trop, reste maintenant à savoir s’il s’agit d’un bon film d’horreur.

Pour espérer nous offrir un found footage un tant soit peu original, les scénaristes auraient dû chercher plus loin que les classiques The Blair Witch Project et Paranormal Activity. Les glitchs à l’image, les figures fantomatiques qui paraissent au loin et les croix qui se renversent dans la cuisine étaient légion dans le genre… il y a plus de 10 ans. Les néophytes dans le domaine pourraient y trouver un certain divertissement, mais les lecteurs de ces pages en ont probablement vu d’autres.

Pourtant, la dynamique entre notre trio de cinéastes fonctionne assez bien. La première partie du film nous présente des personnages crédibles, auxquels on voudrait bien s’attacher. C’est lorsque les personnages secondaires se pointent que la sauce se gâte. Certains d’entre eux incarnant des locaux, notamment Chantal «l’amie qui surgit toujours à l’improviste», tentent de camoufler leurs accents français de France à grands coups d’«icitte» et de «tu veux-tu», en vain, lors de scènes qui deviennent alors plutôt hilarantes. D’autres, incarnés par des acteurs plus ou moins expérimentés dans des rôles caricaturaux comme la voyante du village ou le descendant des Gagnon, jouent beaucoup trop gros.

Et pourquoi des scénaristes voudraient-ils documenter à la caméra une recherche de scénario? Le plus gros problème de The Curse of Aurore Gagnon reste encore son scénario anémique méta (la co-scénariste du film incarne une scénariste à la recherche d’un scénario), qui comporte plusieurs failles et passe la majorité de son temps à essayer de trouver son sens. Si seulement on avait eu quelque chose à dire au sujet d’une justice non rendue ou de la maltraitance des enfants…

En plus de ne susciter aucun frisson, The Curse of Aurore Gagnon est ce film à numéros où tout s’avère cruellement interchangeable, à commencer par la ville de Fortierville et ce fait divers populaire centenaire.

Lisez également notre entrevue avec les cinéastes de The Curse of Aurore Gagnon.

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