[Critique] «Welcome to the Blumhouse: Black Box»: la mémoire en RV

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Note Horreur Québec

La célèbre maison de production Blumhouse inaugure cette semaine sa nouvelle collection exclusive à Amazon Prime. Quatre de ces huit films Welcome to the Blumhouse paraissent donc pour la saison de l’Halloween, à commencer par The Lie et Black Box, qui nous entraîne dans une expérience de réalité virtuelle à la recherche de souvenirs enfouis.

Amnésique suite à un grave accident de voiture, Nolan, un père de famille qui a perdu sa femme, tente de remettre les morceaux de son passé en place à l’aide d’un traitement expérimental qui lui permet de revisiter son subconscient.

La perte de mémoire, l’hypnose, les thérapies louches; quiconque a pu voir un film d’horreur à saveur technologique ces dix dernières années sait exactement où on se dirige. Black Box fonctionne d’ailleurs comme un long épisode de Black Mirror et sa facture relève davantage du téléfilm que de la production initialement prévue pour les salles, puis relayée aux plateformes de streaming pour cause de COVID-19.

N’empêche, ce premier long-métrage du cinéaste américain Emmanuel Osei-Kuffour se regarde plutôt bien. Une fois qu’on réussit à mettre de côté l’improbabilité de ses éléments de science-fiction, le scénario effleure quelques thèmes touchants en lien avec la famille et propose des revirements potables. L’horreur y est toutefois amenée de manière discrète. Outre une poignée de scènes où cette figure sans visage hante le subconscient de Nolan — des moments peu inspirés à la réalisation — on focalise davantage à démêler l’intrigue concernant le passé de notre protagoniste.

C’est aussi plutôt rafraîchissant de retrouver une distribution exclusivement noire au sein d’une production qui ne véhicule aucun sous-texte au sujet du racisme. Black Box aurait très bien pu sombrer dans la pâle copie de Get Out, lorsqu’il est entre autres question d’hypnose, mais il n’en est rien. À ce sujet, l’acteur Mamoudou Athie (Underwater) s’en tire bien dans son rôle de père tiraillé entre deux réalités. Amanda Christine, qui incarne sa jeune fille, lui vole cependant la vedette avec interprétation naturelle très colorée. Est-ce que le milieu du cinéma d’horreur deviendrait tranquillement plus ouvert à une certaine diversité culturelle? Souhaitons-le.

Non, Black Box ne réinvente rien dans le domaine et ne passera certainement pas à l’histoire, mais réussit à offrir un divertissement buvable en cette période de surabondance sur demande.

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