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Dissection pour collectionneurs: Don't Torture a Duckling de Arrow Video
Le film9
Les suppléments9.8
Le transfert8
8.9Note Finale
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0.0

Différents incidents étranges se déroulent dans la campagne méridionale de l’Italie alors qu’un psychopathe se met à assassiner de jeunes enfants et que tout le monde devient suspect.

Reconnu souvent pour ses exercices grands-guignolesques, Lucio Fulci était un artiste polyvalent et le cinéaste nous propose avec cette histoire l’un de ses films les plus déroutants. Très différent du giallo typique, qui se passe majoritairement en milieu urbain et qui met souvent en scène des personnages un peu plus valorisés (pour ne pas dire bourgeois), Don’t Torture a Duckling (Ne torturez pas le caneton, si on traduit littéralement) figure non seulement au palmarès des meilleurs films du cinéaste italien, mais devient également l’un des gialli les plus mémorables, notamment à cause de son côté hétéroclite. Une multitude de thèmes secondaires rehaussent l’intrigue policière plus habituelle: on pense entre autre au lynchage et à la sorcellerie. Mais d’un niveau plus filmique, l’absentéisme d’un côté plus graphique des meurtres propose une sobriété pour le moins bizarre autant chez le cinéaste que pour le genre.

Le film aborde avec une efficacité inébranlable les contrastes entre les valeurs traditionnelles et même primitives de la campagne et les mœurs peut-être trop exacerbés de la ville (le personnage de Barbara Bouchet semble si libéré qu’on peut presque lui donner un angle pédophilique). À sa manière, Fulci nous dresse une leçon d’histoire en faisant de son film la cartographie d’une nationalité en racontant le choc entre le Sud et le Nord de l’Italie. Son regard un peu distrait et formel (c’est quand même un film d’exploitation) sur ce pan de la culture italienne est une idée directrice de tout le film. Dès l’incipit, Fulci nous aligne ces deux instances superposant la vallée (un paysage plus traditionnel), à l’autoroute (qui connote un vent plus moderne). Ce fameux reproche que certains critiques font souvent au cinéaste d’offrir des personnages sans transparence même de la chair à cette thématique, ici, en montrant des héros qui prennent du temps à se dessiner par les différences démarquées qu’ils s’imposent les uns aux autres. De plus, les acteurs sont en général excellents.

Ce Blu-ray de Arrow Video offre le film avec un transfert 2K assez réjouissant. La tonalité des couleurs impressionne. Certains plans plus sombres démontrent quelques légères failles de la densité, mais l’ensemble est assez remarquable. Qui plus est, aucune version n’est parue en zone 1 avec un tel degré de qualité d’image et de son. On nous donne une version anglaise et italienne, avec des sous-titres anglais. Le disque contient une nouvelle piste commentaire de Troy Howarth, auteur de l’excellent ouvrage So Deadly, So Perverse: 50 Years of Italian Giallo Films, qui offre une vision prenante sur le giallo. Dans un clip vidéo, nous avons droit aussi aux commentaires de l’auteur Mikel J. Koven qui a écrit un autre bouquin indispensable aux fans du genre: La Dolce Morte: Vernacular Cinema and the Italian Giallo Film.

Dans une entrevue tout à fait captivante, l’actrice Florinda Bolkan revient sur ses expériences avec Fulci et regarde devant nous et pour la première fois de sa vie la scène du lynchage, tournée il y a 40 ans. C’est particulièrement émouvant de voir l’actrice bouleversée par cette scène qu’elle a elle-même jouée. Les entretiens du directeur photo Sergio D’Offizi, de l’assistant-monteur Bruno Micheli et de l’assistant-maquilleur Maurizio Trani s’emboîtent pour nous offrir un panorama assez complexe sur le maître italien. Il y a également un enregistrement audio de Lucio Fulci qui revient sur sa filmographie. Même si ce document n’était pas inédit, il reste méconnu par plusieurs fans qui en apprendront certainement sur sa vision et la genèse de ses films. Datant de 1988, cet enregistrement est un ajout des plus pertinents. Finalement, on nous propose un nouvel essai écrit par Kat Ellinger, une critique et experte du genre.

Un titre à mettre dans une collection, surtout si vous êtes moindrement friands de cinéma dit vernaculaire.

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