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[Fantasia 2022] The Diabetic: quand nuit et glycémie riment avec anarchie

La sélection Fantasia Underground du festival regorge de titres incongrus et fascinants, qu’on n’aurait jamais eu le plaisir de découvrir sur grand écran autrement. Entre les vers de terre de All Jacked Up and Full of Worms et les moisissures de The Fifth Thoracic Vertebra, on retrouve The Diabetic, une production québécoise qui traite d’un mal encore plus sournois.

On y suit Alek, trentenaire vivant avec le diabète de type 1, qui retourne dans la ville où il a grandi pour une visite chez ses parents et, il espère, une nuit bien arrosée de retrouvailles avec ses anciens amis. À son grand désarroi, un seul à répondu à son appel: Matt, qui représente à peu près tout ce qu'Alek déteste de la vie de banlieue. Ensemble, ils entreprendront une tournée de débauche à travers la ville où la nuit, autant que son taux de glycémie, se détraqueront.
The Diabetic affiche film

Le dernier long-métrage du cinéaste montréalais Mitchell Stafiej (A, The Devil’s Trap) n’est pas un film d’horreur, mais sa démarche expérimentale et kamikaze touchera assurément les fans de cinéma de genre. Tourné en Hi-8 et transféré en 16 mm, The Diabetic explore les textures et le grain de manière résolument abstraite. Les cadrages et le montage se veulent erratiques dans un désir de représenter non seulement l’état d’esprit bouillonnant (et, disons-le, souvent intoxiqué) du personnage principal, mais également la maladie dont il est atteint. Le résultat s’avère plutôt fascinant, alors que certaines séquences surréalistes assez magnifiques plongent le spectateur dans un état de rêve léthargique, typique de ce genre de production low-fi, quoique non moins créatives.

Le sujet n’est pas sans rappeler le récent et triste décès de l’auteur-compositeur-interprète Karim Ouellet, alors que The Diabetic évoque la lourdeur de composer avec une telle maladie sans relâche au quotidien. Mais le film prend également une tangente plus philosophique, voire sentimentale, en abordant les enjeux culturels et sociaux opposant les habitants des métropoles aux banlieues. Le postulat s’illustre avec le mépris du personnage d’Alek, antihéros antipathique qui, au final, se retrouve autant déraciné peu importe où il se retrouve.

Le traitement sonore est aussi plutôt fulgurant. La formation Fuckers enveloppe les images de sonorités ambiantes à la Tangerine Dream plutôt envoutantes, alors qu’on ne s’étonne pas d’apprendre que Stafiej est également concepteur sonore de métier.

Au final, bien que The Diabetic n’est certainement pas conçu pour le grand public, la production indépendante saura stimuler les cinéphiles avec un penchant pour les expérimentations cinématographiques en marge.

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Points forts
La cinématographie créative
La trame sonore envoûtante
L'expérimentation sur la maladie
Points faibles
3.5
Note Horreur Québec
Rédacteur en chef

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