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Hold the Dark: des loups et des hommes
7.8Note Horreur Québec
Note des lecteurs: (2 Votes)
7.6

Après sa comédie sanglante maison Murder Party, son hypnotique et contemplatif Blue Ruin et le violent et musclé Green Room, le cinéaste Jeremy Saulnier se construit petit à petit une filmographie plutôt éclectique. Sa dernière production toute aussi distincte, une adaptation du roman de William Giraldi, arrivait en exclusivité dernièrement sur Netflix.

Adapté à l’écran par Macon Blair, collaborateur habituel qu’on peut également voir dans tous les films du cinéaste, Hold the Dark nous transporte dans les profondeurs glacées d’un petit village d’Alaska où un spécialiste des loups est appelé à se rendre pour élucider le mystère entourant des disparitions d’enfants.

Hold the Dark film posterSaulnier signe encore une fois ici une réalisation habile et très soignée en nous présentant des images sublimes du climat austère, pourtant filmées en Alberta. Des scènes où un avion biplace se promène dans l’immensité des montages enneigées paraissent ainsi surréelles. Un peu à l’image des paysages dépeints, ses personnages adoptent un comportement réservé, s’exprimant constamment sur le bout des lèvres à l’aide des dialogues brefs et directs, comme s’ils devaient conserver leurs énergies pour affronter l’hiver.

Parce qu’en effet, il n’est pas vraiment question de chasse aux loups ici, mais plutôt d’une chasse à l’homme alors que le scénario crée un parallèle plutôt fascinant entre le comportement des deux espèces. Pendant qu’on croît qu’un jeune homme a été dévoré par les bêtes, son père est de retour de mission en Iraq et n’entend pas à rire. Alexander Skarsgård (True Blood, Melancholia) réussit d’ailleurs à rendre le personnage plutôt menaçant grâce sa posture arc-boutée et son regard froid.

Si les thèmes exploités sont plutôt riches et donnent lieu à des revirements inattendus, on a toutefois l’impression que le récit tire dans trop de directions (sans mauvais jeu de mots!). Il aurait, par exemple, été bénéfique de d’approfondir davantage les motivations de Bailey, l’amérindien ayant également perdu son enfant. Et qu’en est-il des croyances des habitants? Peut-être qu’en répondant aux questions, on tuerait le mystère.

La finale anti-climatique pourrait également en laisser plusieurs sur leur appétit et le film a le culot de nous laisser sur une énigme qu’on trouvera comme le reste, soit délicieuse, soit terriblement fâcheuse. Jeffrey Wright (Broken Flowers) s’avère saisissant dans son rôle de l’étranger qui devra se battre au milieu de cette meute pour sa survie.

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