[Je me souviens] Bikini Girls on Ice: les délices de l’exploitation

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Note Horreur Québec

Une équipe sportive féminine doit se rendre à la plage pour organiser un lave-auto afin d’amasser des fonds. L’excursion tourne vite au cauchemar lorsque l’autobus les transportant tombe subitement en panne près d’une station-service abandonnée où rôde un psychopathe nécrophile.

Le titre à lui seul devient presque un contrat entre les créateurs et un spectateur consentant de ce qu’il s’apprête à regarder. Bikini Girls on Ice n’est certainement pas une pièce de Shakespeare ou un film philosophique à la Tarkovsky. On se doute déjà que ce qu’on s’apprête à voir fraternise même avec certains filons du film d’exploitation. Il s’agit d’un petit long-métrage d’ici, tourné en anglais à Montréal, avec les moyens du bord. Premier long-métrage d’une trilogie encore inachevée à nos jours.

Bikini Girls on Ice affiche filmPrenant modèle sur les slashers des années 1980, le scénario archi convenu s’amuse d’abord à répéter volontairement tous les clichés d’usage. On peut déplorer toutefois l’abondance de mauvaises décisions de ces jeunes femmes qui semblent vouloir mourir à tout prix. Ces choix dégonflent un peu le suspense en abolissant notre apathie pour ces personnages qui n’ont pas inventé le bouton à quatre trous. Autre fadaise pour la représentation du couple francophone péquenots qui sont représentés comme de vrais clowns. Ce n’est certes pas avec de telles caricatures qu’on pourra rehausser notre image nationale. En même temps, les traits sont trop gras pour qu’on puisse s’imaginer deux secondes qu’on tisse de sérieux profils. L’objectif premier du scénario est d’accumuler des scènes d’atrocités, minimalistes au niveau des trucages, pour que la mise de fond soit rentable.

Cela dit, Bikini Girls demeure extrêmement amusant pour quiconque savoure ce sous-genre de l’horreur. Peut-être est-ce le fait de voir un film québécois de cette trempe qui emballe à ce point le chauvin en nous, mais cette série noire semble plus délectable puisqu’elle est ancrée dans notre réalité. La station-service où se passe l’action est lugubre et inquiétante, et si les meurtres manquent de gore, la perversion sexuelle dont on les nourrit brosse un tableau assez sauvage.

La réalisation de Geoff Klein est fort acceptable considérant le budget dont il dispose. Il a certainement fait ses devoirs en visionnement au préalable. L’interprétation est dans le ton voulu par l’ensemble. Ces jeunes filles sont interchangeables et le but de leur présence est d’être de la chair fraîche. Si vous êtes un amateur de ce genre de film, vous passerez un excellent moment.

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