[Je me souviens] La peau blanche: l’irrésistible blancheur du mal

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3.5
Note Horreur Québec

Un étudiant en littérature entame une relation avec une musicienne au teint curieusement pâle, qui devient de plus en plus étrange à force de repousser ses avances. La croyant d’abord atteinte d’un cancer, le jeune homme en vient à soupçonner qu’elle ne soit pas humaine. Il faut dire que la famille de la jeune femme adopte une attitude pour le moins inexplicable face aux traitements que ses médecins lui prescrivent, laissant sous-entendre que la malade pourrait mieux guérir avec une cure différente.

Ce premier long-métrage réalisé par Daniel Roby (Dans la brume) est une adaptation du roman éponyme de Joël Champetier, décédé à 57 ans en 2015 des suites d’une leucémie. L’apport de ce grand écrivain d’ici envers notre littérature de genre, notamment en s’impliquant comme coordinateur de la revue Solaris, pourrait être abordé durant de longues pages. Nous vous recommandons de découvrir son œuvre. Champetier s’était allié à Roby pour rédiger le scénario du film La peau blanche.

La Peay blanche affiche filmDébutant lentement, le récit parcourt d’abord les dialogues truculents entre deux étudiants colocataires qui échangent autant sur la ségrégation raciale que sur les femmes. On y remet en question le système académique, les relations amoureuses et leurs normes, le système de la santé, le patriarcat, mais aussi le positionnement de l’homme dans l’évolution des espèces. On accorde également une grande place aux personnages secondaires en les développant suffisamment pour maintenir l’intérêt. Le mélange entre les réalités académiques, la romance et l’enquête s’effectue plutôt habilement. La progression vers l’horreur et le fantastique se fait avec une grande aisance, même si la finale trop précipitée manque d’intensité. C’est comme si le scénario nous préparait depuis son ouverture à un choc qui ne survient finalement qu’en partie. Que l’on veuille ou non, le fanatique d’horreur en nous espère toujours un climax long et intense.

La réalisation de Roby est exemplaire pour un premier film. Il transpose à l’écran cette facilité qu’avait l’auteur de plonger d’un genre à l’autre sans causer de rupture de ton visible, ce qui aurait pu s’avérer un désastre avec le faible budget. Le cinéaste dirige très bien ses acteurs et scrute les émotions sur leur visage avec sa caméra. Marc Paquet et Frédéric Pierre sont très crédibles et les jeunes actrices les entourant ont le magnétisme souhaité.

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