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«Jurassic World: Fallen Kingdom»: recherche Spielberg désespérément
6Note Finale

Engagé pour sauver plusieurs espèces de dinosaures sur le point de s’éteindre par le volcan en éruption de l’île qui leur sert d’habitacle, un groupe de scientifiques activistes qui militent pour le respect des animaux se rendent sur l’île où les attend une menace encore plus grande que celle qu’ils envisageaient.

On supposait dès les premiers extraits que Jurassic World: Fallen Kingdom tenterait de renouveler une formule gagnante en vente de billets, pour nous enligner vers d’autres suites éventuelles.

Lancé en 1993, Jurassic Park faisait office de vitrine au cinéphile sur les possibilités du numérique qui atteignait, comme on se rappelle tous, un sommet. Les gens sortaient des salles sous le choc du réalisme des effets visuels. Spielberg avait réussi cette mise en abîme parfaite montrant les personnages de Sam Neil et Laura Dern apercevoir les bracchiosaures pour la première fois. Comme les scientifiques, les spectateurs étaient bouche bée de voir ces animaux se mouvoir.

Trois opus plus loin, le scénario du premier Jurassic World a tenté de faire un exercice similaire. On se souviendra tous de Claire nous exprimant qu’au début les clients étaient fascinés par la reproduction des dinosaures, mais qu’avec le temps, ils étaient devenus blasés et qu’il fallait créer de nouvelles attractions. Cette manière intelligente de justifier la surenchère (le public en réclame plus!) et de rendre hommage au film original apportait un certain cachet à un film peu à la formule redondante.

Réalisé par  J.A. Bayona (The Impossible, The Orphanage), ce nouveau volet tente d’adopter une multitude d’idées actuelles. Qu’il s’agisse de la manipulation génétique, de la protection des espèces en voie de disparition, des catastrophes naturelles ou du capitalisme sans borne, on nous abreuve de redites qui semblent parfois de mauvais goût. Le manichéisme des vilains étrangers (les nationalités éloignées sont effrayantes, apparemment) voulant exploiter les bêtes pourrait générer quelques élans plus racistes, moralisateurs et pétris de bons sentiments. On se croirait dans une sorte de mélange incongru de films catastrophes et de documentaires sur l’écologie.

La réalisation fort acceptable ménage quelques bons moments et le cinéaste semble s’amuser dans un environnement plus gothique. Il nous propose au moins deux moments de bravoure dont une allégorie prenante d’un tsunami (le gars a tout de même réalisé The Impossible) et l’autre, lors de la poursuite finale sur un toit. Pourtant, l’absence de Spielberg se ressent. Face à certaines scènes, on se demande ce que le maître aurait imaginé pour nous immerger davantage. L’adresse de J.A. Bayona ne pourra jamais rivaliser avec la dextérité de ce bon vieux Steven quand vient le temps de présenter un défilé de monstres préhistoriques.

Par ailleurs, le mariage de dinosaures avec ce fantasmagorique manoir de type médiéval a quelque chose de factice. L’image d’un tyrannosaure dans un domaine rappelant le château de Hill House de The Haunting a quelque chose de grisant, mais ça reste à des kilomètres du réalisme poignant que nous avait donné Spielberg pour l’opus original. Le cinéaste peine à calfeutrer un scénario dont plusieurs tournants sont risibles.

Si le premier Jurassic World nous avait fait entrevoir le registre dramatique peu élaboré des deux acteurs, Bryce Dallas Howard et Chris Pratt récidivent ici avec un tantinet plus de retenue. Dans un rôle caméo d’à peine quelques minutes, Jeff Goldblum les efface en reprenant pour la troisième fois les traits du professeur Malcolm.

Il vous reste à savourer les dinosaures et les effets spéciaux parfaits. Malgré ses nombreuses faiblesses, le long-métrage est amusant. Il faut, évidemment, mettre son cerveau à off et on a vite fait de comprendre que ce chapitre est l’un des moins réussis de cette saga.

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