The Little Stranger: les fantômes ne sont pas ceux qu’on pense

Note des lecteurs1 Note7.1
8

The Little Stranger, le plus récent long-métrage du réalisateur Lenny Abrahamson (Room), est une adaptation du roman du même nom de Sarah Waters, une fresque familiale qui traitait des thèmes du lesbianisme et du choc des classes sociales dans une histoire de fantôme digne d’Henry James.

Dans les années suivant la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services du médecin Faraday sont requis au manoir dilapidé d’une famille d’aristocrates au bord de la faillite. Fasciné par cette demeure nommée Hundreds Hall où sa mère était domestique dans les années 1910, il s’immisce de plus en plus dans la vie des Ayres avec une attention toute spéciale pour Caroline, qu’il espère épouser. Parallèlement, des événements de nature inexplicable ciblent la famille, qui soupçonne l’intervention du spectre de Susan, la première enfant des Ayres, décédée à l’âge de huit ans.

The Little Strange film posterAbrahamson renoue avec Domhnall Gleeson, qu’il a dirigé dans Frank en 2014. Dans ce film que notre équipe attendait impatiemment, l’acteur irlandais campe un personnage froid et obsédé par les apparences qui aspire à s’élever au-dessus de sa classe sociale et le fait en courtisant sans passion l’héritière des Ayres. Ruth Wilson (I Am the Pretty Thing That Lives in the House) crève l’écran dans le rôle de Caroline, une vieille fille qui cherche à maintenir l’illusion de la gloire familiale au point d’envisager un mariage avec un homme qu’elle n’aime pas. Son orientation sexuelle, d’ailleurs, semble plutôt l’attirer ailleurs, comme le suggère une scène où elle accompagne le médecin à une danse.

À Hundreds Hall se trouvent aussi l’héritier Roderick (Will Poulter, The Revenant; à surveiller), gravement blessé et traumatisé par la guerre, et Mrs. Ayres (Charlotte Rampling, Swimming Pool) convaincue que sa fille Susan cherche à communiquer avec elle à travers la mort.

Le roman The Little Stranger (L’indésirable en français) suivait un rythme très lent. La hantise était reléguée au second plan tandis que la narration se faisait surtout descriptive, une retenue que le film adopte aussi. À travers l’œil souvent désapprobateur de Faraday, la caméra s’attarde sur la décrépitude du manoir et le désespoir de la famille. Les dialogues, les non-dits et le souvenir obsédant de la visite du médecin à Hundreds Hall alors qu’il était enfant mènent ce film pensif et élégant où une famille subit avant tout les tourments d’une Angleterre nouvelle qui n’a plus besoin d’elle.

Même s’il ne fait pas peur et qu’on peut même difficilement le qualifier de film d’horreur, The Little Stranger trouvera son public auprès des spectateurs patients au goût marqué pour le gothique.

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