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The Mist saison 1: un épais brouillard
5.5Note Finale
Note des lecteurs: (2 Votes)
4.4

Un brouillard enveloppe une petite ville du Maine forçant ses habitants à se confiner à l’intérieur. Ceux qui se risquent à sortir finissent par mourir tragiquement. Par la force des choses, plusieurs groupes de rescapés se forment et attendent du secours. La paranoïa et la suspicion s’installent lentement. Malgré tout, ils devront apprendre à survivre avec ce nouveau phénomène météorologique mortel, et, surtout, entre eux.

Faire une série basée sur une nouvelle comporte son lot de risques. Est-ce que l’oeuvre comporte assez de matériel pour alimenter dix épisodes? Généralement non. On se retrouve dans l’obligation d’ajouter de la chair autour de l’os pour garder l’attention du téléspectateur. D’abord adapté pour le cinéma, The Mist cadrait parfaitement pour ce format et l’excellente réalisation de Frank Darabont (The Shawshank Redemption) en était la preuve. Cette première saison se base donc très librement de la création de Stephen King (Misery, Carrie) en omettant ses personnages principaux et son emplacement, soit l’épicerie.

Christian Torpe (Rita), instigateur du projet, introduit de nouveaux héros et des histoires secondaires absentes de l’oeuvre originale. Malheureusement pour le téléspectateur, il nous offre un ramassis de clichés et des dénouements hautement prévisibles. Plusieurs personnages le démontrent. Adrian, un adolescent gai, est intimidé et battu par un joueur de football qui s’avère également homosexuel. Le chef de la police a des tendances agressives et ses méthodes sont parfois douteuses. Une adolescente qui va à son premier party se fait agresser sexuellement. Le format série aurait été l’occasion idéale pour développer ces personnages et faire en sorte que ceux-ci aient plus de substances. Torpe fait hélas preuve de peu d’imagination et, surtout, de peu talent!

Alyssa Sutherland (Vikings), dans le rôle de Eve Copeland, est aussi charismatique qu’un réfrigérateur. Quoique l’ensemble des acteurs se débrouillent correctement, Copeland réussit à se démarquer du lot par sa froideur et par son jeu très statique. Elle ne parvient pas du tout à transmettre son émotion adéquatement. Des dialogues parfois insipides viennent également lui mettre des bâtons dans les roues. Cependant, la talentueuse Frances Conroy (American Horreur Story, Six Feet Under) parvient quand même à offrir une performance des plus respectables dans ces conditions. Non pas dénuée de clichés, elle incarne une dame à l’écoute de la nature qui aura une grande influence sur certains personnages. Elle fournira d’ailleurs quelques éléments de surprises fort appréciés.

Est-ce le désastre que l’on peut lire de la part de certains critiques et sur les réseaux sociaux? Pas pour autant. La deuxième partie de la saison est définitivement meilleure. L’ambiance de paranoïa occupe davantage de place et c’est à ce moment que la série prend son envol. La moralité du groupe devient discutable. Par exemple, quiconque déroge aux règles établies par les survivants enfermés dans le centre d’achats se verra juger par le groupe. L’expulsion est souvent la solution, ce qui équivaut à une mort certaine. Par ailleurs, ce n’est malheureusement que vers les derniers épisodes que des évènements sous haute tension surgissent. Le choix de certaines chansons lors de moments clefs est tout à fait judicieux. Les chansons Perfect Day de Lou Reed ou Into My Arms de Nick Cave and the Bad Seeds appuient parfaitement ce sentiment d’effroi devant le côté sombre de l’humanité. Qui plus est, l’action y est plus rythmée et l’ensemble reste tout de même, avouons-le, divertissant.

L’idée d’adapter The Mist en série n’est pas mauvaise en soi. Cependant, avec un tel résultat, on est obligé de se questionner sur sa pertinence. Pour la plupart, il est préférable de lire la nouvelle du maître de l’horreur ou de visionner le film de Darabont. Pour les plus aventureux, peut-être y trouverez-vous un certain plaisir. Croyez-moi, il y a pire, mais aussi il y a beaucoup mieux.

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