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«The Strangers: Prey at Night»: proies faciles
3.5Note Finale
Note des lecteurs: (5 Votes)
6.3

Dix ans plus tard, qui eut cru qu’on reverrait l’homme masqué, Dollface et Pin-Up Girl, les trois psychopathes sans remord (et sans véritable motif), qui ont traqué le couple Tyler-Speedman dans le confort de leur foyer en 2008? C’est pourtant ce que Johannes Roberts (47 Meters Down) nous offre cette année en s’allouant une tâche plutôt lourde: réinventer le home invasion minimaliste, devenu presque classique, de Bryan Bertino. Pourquoi? Pourquoi pas?

Dans The Strangers: Prey at Night, on suit le voyage en voiture d’une petite famille américaine en crise. En effet, la plus jeune de leurs deux adolescents, Kinsey, est envoyée en pensionnat à contre-coeur. En chemin, ils doivent couper la route en passant la nuit dans un parc de maisons mobiles où ils sont attendus. En plein nuit, des inconnus viendront frapper à leur porte.

L’ennui avec cette suite, c’est qu’elle aurait pu avoir été réalisée il y a 15 ans et mine de rien, le cinéma d’horreur à drôlement évolué depuis. Les spectateurs en ont soupé des films qui ne font qu’enfiler la vieille recette et ses personnages plats, abonnés aux mauvaises décisions. On peut remettre la faute sur les surprises intelligentes et inventives que le cinéma indépendant a su nous offrir sporadiquement ces dernières années.

Parce que non, Hollywood, il ne suffit pas d’un t-shirt des Ramones pour rendre un personnage badass. À ce sujet, l’actrice Bailee Madison (Don’t be Afraid of the Dark) personnifie ici l’une des héroïnes les plus ennuyeuses qu’on aura pu voir dernièrement. Son jeu est si forcé qu’on ne peut s’empêcher de rire à quelques reprises. C’est sans parler de son frère, interprété ici par le fils de Bill Pullman (Lewis de son prénom), un acteur de 25 ans qui fait plutôt bien son âge…

Il en va de même pour le scénario paresseux et ô combien prévisible. Ce qui agace, c’est qu’absolument aucune idée fraîche n’est proposée au fan ici pour tenter de le surprendre ou le déstabiliser. On choisit, pourtant judicieusement, de ne pas mettre l’emphase sur des meurtres graphiques ou abracadabrants, mais au final que reste-t-il vraiment pour nous amuser? La réalisation opte pourtant pour des éclairages néons et une bande sonore tapissée de chansons pop des années 80, décennie surexploitée ces derniers temps, mais ça ne suffit pas. Et pourquoi d’ailleurs? Le film se déroule pourtant à notre époque. «Pourquoi pas?», nous répondrait encore Dollface.

En plus d’échouer lamentablement à effrayer ou surprendre, The Strangers: Prey at Night est en tout point inférieur à son prédécesseur ainsi qu’aux You’re Next, The Purge ou même Hush qui en ont découlé depuis. C’est le genre de film qui fait mal au cinéma d’horreur et qui le rabaisse au niveau de sous genre sans valeur.

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