The Toybox: l’histoire du VR hanté

Note des lecteurs3 Notes4.3
3.5

L’idée d’un véhicule hanté a-t-elle déjà réellement terrorisé la moindre personne? Certains semblent le croire, et à bien y penser, un film comme The Car d’Elliot Silverstein possède, pour sûr, son lot de fanatiques. On pense évidemment également à Stephen King et à son travail au cinéma sur cette prémisse qui a laissé des résultats mitigés. En effet, n’est pas Carpenter qui le veut, et à vouloir manier ce sujet, on peut aisément arriver à un Maximum Overdrive en visant un Christine. Tout dépendra de la manière dont on abordera le sujet.

Malgré sa bonne volonté et son indéniable passion pour le projet, The Toybox de Tom Nagel (Clown Town) est malheureusement de la première catégorie. En effet, à la vue de l’affiche du film et de sa «tagline» clichée à souhait (“Vacations can be deadly”), on aurait pu s’attendre à un film de série B assumé avec une part d’humour. Le résultat est plutôt surprenant. La raison? Nagel a voulu faire un véritable film d’épouvante avec un VR hanté.

The Toybox poster filmJennifer (Denise Richards tellement botoxée qu’on a de la difficulté à discerner la moindre émotion sur son visage), sa fille Olivia et son époux Steve partent en voyage avec le frère et le père de ce dernier à bord d’un motorisé de seconde main. En route, ils rencontreront Samantha (Mischa Barton; seule actrice véritablement crédible dans ce film, ce qui fait d’elle un véritable point fort) et son frère Mark, en panne de voiture, à qui ils proposeront une place à bord pour rejoindre la prochaine ville. Cependant, cela est sans compter sur le fait que leur véhicule pourrait bien avoir un autre agenda…

D’entrée de jeu, le film cherche à poser son ambiance en tentant de créer une véritable aura de menace autour du véhicule hanté. Le générique (bien que très long) est présenté sur fond de photos de meurtres et de giclées de sang et la scène d’ouverture montre un enfant mourir de façon complètement gratuite. Le film nous crie: «Je suis trash et décomplexé», et jusque-là, on a envie de le croire. Cependant, traiter une ambiance et traiter des personnages n’est visiblement pas au même niveau de difficulté pour Nagel. En effet, aussitôt les premiers dialogues entendus et l’exposition entamée, on est frappé par la triste réalité: le film est mal écrit et cliché, dans le mauvais sens du terme.

La faute incombe probablement beaucoup au script de Jeff Denton (qui incarne également le rôle du mari de Jennifer dans le film). Outre la femme qui se repose sur son homme pour assurer la protection de sa famille, on compte également un oncle, un adolescent de 35 ans, et une sempiternelle fillette qui dessine des esprits. On a également droit à des scènes particulièrement improbables en 2018. Pour n’en nommer que deux, parlons du grand-père qui se sauve d’un véhicule cherchant à l’écraser en courant en ligne droite (coucou Prometheus!) et à la final girl qui prend le temps de faire une sieste au milieu des cadavres de ses amis alors qu’elle est complètement à la merci du fantôme. On pourrait voir cela comme une touche d’ironie désespérément nécessaire, mais malheureusement, le ton du film est si sérieux que le traitement de ces scènes tombe complètement à plat.

Notons malgré tout dans les bon points la direction photo impeccable qui met bien en valeur les différentes lumières du désert qui sert de décor au film, ainsi que son ambition à tenter de réellement faire peur avec un «winnebago». On dira ce qu’on voudra, l’idée reste originale.

Bref, The Toybox n’est pas un essentiel du genre. Le nouveau film de Tom Nagel aurait pu comme Clown Town s’imposer à une soirée de navets entre amis, mais malheureusement pour lui, ne décolle pas suffisamment du sol pour pouvoir le faire. Parfois on gagne à ne pas trop se prendre au sérieux.

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