Horreur Québec tourne présentement au ralenti. De retour à pleine vapeur le 15 mai!
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«Where the Devil Roams» et l’histoire d’amour entre la famille Adams et Fantasia

La famille Adams — Toby Poser, John Adams, Zelda Adams et Lulu Adams — venait présenter leur troisième film d’horreur, Where the Devil Roams, en première mondiale à Fantasia cet été.

L’histoire d’amour entre le festival, les festivaliers et les cinéastes est en effet palpable depuis la projection de le premier The Deeper You Dig en 2019, et tous avaient grandement hâte de découvrir cette année leur nouveau cauchemar poétique à propos d’une famille de forains qui traverse les États-Unis durant la Grande Dépression.

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Horreur Québec a profité de leur passage à Montréal pour les rencontrer:


Horreur Québec: J’aimerais d’abord parler de votre relation avec Fantasia. Comment êtes-vous tombés en amour avec le festival?

John Adams: Mitch Davis et Fantasia ont changé nos vies. Et c’est une phrase très facile à dire. Nous avons fait un film intitulé The Deeper You Dig et ils ont été les premiers à répondre. Mitch a écrit à Toby, et c’était très excitant pour nous parce que nous avions tellement entendu parler de Fantasia. Juste le fait que Mitch nous écrive était exceptionnel.

Ils nous ont fait venir et nous avons eu notre première mondiale et nos vies en tant que cinéastes ont complètement changé. Nous avons pu rencontrer la presse, le public du festival et juste de faire partie de Fantasia, c’est comme du carburant à fusée dans l’industrie du film. Ils ont tellement soutenu l’art de notre famille. Ils ne veulent pas que l’on change. Ils nous poussent à continuer à perfectionner nos compétences.

Toby Poser: C’est étrange à dire, il y a tellement de festivals que nous aimons, mais Fantasia est un peu comme un obstétricien: ce sont eux avec que nous voulons faire naître nos films. Vraiment! Ce sont ceux en qui nous faisons confiance pour les mettre au monde. Ce sont nos gynécologues obstétriciens. [Rires]

HQ: Et vous avez même composé une chanson lorsque la première mondiale de Where the Devil Roams a été confirmée à Fantasia!

TP: Nous voulions célébrer!

JA: Nous l’avons composée sur-le-champ. J’aime tellement cette chanson. C’est en fait l’une de mes chansons préférées et on sent qu’il s’agit d’une célébration du chemin que nous avons parcouru. Ça l’a toujours été! Fantasia et Mitch ont tellement toujours soutenu notre musique. Dès le jour un, Mitch parlait de notre musique pour The Deeper You Dig et nous avons même remporté le Cheval noir pour Meilleure trame sonore avec Hellbender! C’est ce qui nous dit que quelqu’un prête vraiment attention et c’est important pour nous, car ce n’est pas tout le monde qui en parle. La chanson était donc pour célébrer Fantasia. Ça devait être fait.

HQ: Quand d’ailleurs comptez-vous sortir la trame sonore complète de Where the Devil Roams?

ZA: Très très bientôt. Et elle contiendra beaucoup d’extra. Ce sera sur toutes les plateformes.

JA: Nous voulions la sortir pour Fantasia, mais tout a été tellement vite que nous n’avons pas pu apporter les dernières retouches. Mais tout est prêt!

HQ: Qu’est-ce que vous vouliez faire de différent avec ce nouveau film?

Zelda Adams: Avec Hellbender, vous voulions une approche stylisée, mais avec celui-ci, nous savions que nous le voulions hyperstylisé. Les visuels étaient très importants. Nous savions que ce serait tourné en hiver, qui est notre période préférée pour tourner parce que tout sort trop bien. On peut mettre un magnifique filtre par dessus les images et on peut mettre beaucoup de sang. L’hiver et le sang vont très bien ensemble. C’était important pour nous que chaque prise ait une raison derrière elle, et pendant le processus de montage, ça ressemblait à ce que nous voulions. Nous voulions que les décors soient les plus sales et magnifiques que possibles pour créer notre propre monde dans les années 1930.

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HQ: Zelda, le film est inspiré de cauchemars que vous avez eus?

ZA: J’étais très jeune et je regardais American Horror Story avec ma sœur Lulu, tard le soir. Mes parents ne s’en souciaient pas, mais c’était plus amusant de le regarder en secret. On regardait la quatrième saison, Freak Show, et l’antagoniste est ce clown vraiment très effrayant. Chaque nuit, j’avais des cauchemars que ce clown me regardait près de mon lit. C’était terrifiant! J’ai raconté mes rêves à la famille et je me souviens que mes parents m’aient dit: «Que penses-tu que le clown est en train de faire? Peut-être que tu as besoin d’en parler pour te faire sentir mieux.» Et je me suis mise à penser: et si ce clown n’était pas le vilain? Et s’il avait une famille? Et s’il devenait le protagoniste? C’est là qu’est née l’idée d’une famille de clowns qui voyage à travers le circuit. J’ai proposé cette idée de film à la famille, et nous avons en quelque sorte décidé que nous aimions le concept d’une famille imparfaite sur le circuit du carnaval, mais pas la partie du clown. Et, l’un des avantages d’apporter des idées à la famille, c’est les critiques et commentaires que l’on reçoit, mais beaucoup de choses restent. Et l’idée est née là.

HQ: Vous avez d’ailleurs fait une tournée des États-Unis pour vous inspirer.

JA: Nous avons beaucoup voyagé pendant que tout était fermé durant la COVID-19. Avec Hellbender, nous avons également beaucoup voyagé à travers le circuit des festivals. Ce nouveau film est une célébration des personnes que nous avons rencontrées sur notre route, mais pas seulement dans les festivals, mais aussi de notre époque punk rock. Dans un certain sens, nous sommes des forains modernes. Nous sommes une famille voyageant de scène en scène pour livrer un spectacle. Et c’est fantastique. Fantasia fait partie des forains modernes. Toi aussi.

Les gens dans le film ne sont pas des acteurs, ce sont de vrais gens qui incarnent des forains parce qu’ils le sont dans la vraie vie. Par exemple, Razor, la femme qui joue du ukulélé, elle travaille au cirque de Coney Island. Sam, que je connais du monde punk rock de New York, il incarne Mr. Tips. Dans un certain sens, nous avons seulement du plaisir à célébrer tout ça. C’est pour cette raison que nous n’avons pas caché par exemple les tatouages modernes ou d’autres choses de notre époque. Nous voulions que le public ait du plaisir entre le passé et le présent et qu’ils comprennent ce qui les lie.

HQ: Je crois qu’on peut affirmer qu’il s’agit de votre film le plus sanglant.

ZA: Merci! [Rires]

TP: Je le crois aussi. [Rires]

HQ: Est-ce que toutes ces prothèses vous ont occasionné certains problèmes pendant le tournage?

TP: Non, je crois qu’on le doit à notre fantastique maître des effets spéciaux, Trey Lindsay. Il était là pour plusieurs de ces scènes. Je crois que dans la scène de la Première Guerre mondiale, on a eu quelques problèmes avec le sang alors on a seulement improvisé. C’est ce que nous faisons toujours, et c’est souvent même meilleur.

ZA: Nous commandons plein de morceaux de corps et nous faisons juste jouer avec en les filmant. Nous faisons notre propre sang également. Nous avons réalisé que nous n’aimions pas le sang acheté parce que ça tache absolument tout, et nous ne pouvons nous le permettre étant donné que nous savons que nous allons manquer la scène et devoir la refaire. [Rires] Nous faisons notre propre sang avec du chocolat Hershey’s, du sirop de fraises et du sirop de maïs.

JA: Nous ne voulons pas de faux trucages, comme ajouter du sang en numérique. Ce que nous avons compris, c’est le concept de compositing qui permet de superposer deux choses réelles. Il y a une scène où la tête de quelqu’un explose littéralement. C’était un composite vraiment amusant à faire. Le produit final, pour moi du moins, est meilleur parce que c’est vraiment brutal. Et hier soir [durant la première mondiale du film à Fantasia], à ce moment du film, c’était super d’entendre la foule rigoler.

ZA: Et c’était une prothèse reprise de Hellbender aussi! On recycle toujours…

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HQ: Le long monologue au début de Where the Devil Roams, d’où vient-il?

JA: De là! [John pointe la tête de Toby.]

HQ: Toby, vous écrivez de la poésie?

TA: Oui, j’adore la poésie. Et c’était d’amusant d’être influencé par l’histoire de l’ange déchu. Dans un sens, ce démon nous ressemble et ressemble à ces personnages. Il se déguise, parcourant le monde et il tombe amoureux. Évidemment les humains meurent, mais pas lui. Nous aimions en faire le point central de cette famille sur Terre, pendant que le démon est en dessous en train d’orchestrer autre chose. C’est une amusante mythologie.

JA: Mais Toby est un peu modeste. Si vous écoutez attentivement le poème, tout le film est expliqué. Même moi, j’ai regardé le film des centaines de fois et puis c’est à la 101e que j’ai compris et que je lui ai dit: «Oh mon Dieu, Toby, c’est tellement intelligent que tu aies mis tout ça là-dedans, ça a un lien avec tout le reste!». Et je pense que, surtout dans l’horreur, le public aime la profondeur, la profondeur dans la violence ou l’horreur qui se déroule. Ils aiment voir qu’il y a des racines profondes et je pense que Toby passe vraiment du temps dans sa poésie pour donner un sens à ces mythes.

HQ: Vous avez beaucoup parlé de comment vous travailliez ensemble en tant que famille, mais j’étais curieux de savoir si vous envisageriez de faire des films en solo éventuellement?

JA: On a demandé à Lulu d’en faire un!

Lulu Adams: Je ne sais pas si je peux en parler, mais je suis très excitée!

Je suis tellement habituée à tout faire avec eux. Zelda et moi avons fait du théâtre, du jeu et du mannequinat ensemble quand nous étions enfants. Maintenant, Zelda n’est plus mannequin et elle a déjà joué dans des courts métrages et des films d’autres gens. Toby et John ont fait certaines choses et en ont d’autres prévues dans le futur. Je crois que ça nous intéresse tous. Je pense que notre priorité est toujours de réaliser nos projets et travailler ensemble, mais nous nous supportons avec nos projets individuels. C’est vraiment amusant de découvrir les projets des autres et de les découvrir sous un nouveau jour.

JA: À cause de nos films d’horreur, plusieurs grands artistes nous demandent si nous voulons faire des choses avec eux et s’ils semblent être des gens amusants, nous aimons les soutenir et en faire partie de leur art.

HQ: Pensez-vous vouloir vous exprimer à travers le genre horrifique pour toute votre carrière?

TP: Oui! Je pense que nous avons encore beaucoup d’horreur en nous. [Rires] Nous adorons ça. Notre premier film, Rumblestrips en 2013, était un drame. Ça devait être un film de genre, un film de fantômes vraiment sombre. Nous n’étions juste pas prêts à lui faire honneur.

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HQ: Quel sera votre prochain film, et pourrons-nous le voir à Fantasia?

ZA: On l’espère! [Rires]

JA: Nous travaillons sur un film qui s’appelle Fairy. Nous ne pouvons pas en dire beaucoup pour le moment, mais comme nos films ont toujours été en quelque sorte des documentaires sur notre famille et où nous sommes rendus, et comme Zelda a fait un peu de mannequinat, nous faisons un film à propos d’un shooting de mode en Alaska. Évidemment, des trucs atroces surviennent. Ce sera vraiment amusant et nous sommes très excités.


Where the Devil Roams sera présenté exclusivement chez Tubi cet hiver.

Fondateur et rédacteur en chef

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