Horreur Québec tourne présentement au ralenti. De retour à pleine vapeur le 15 mai!
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Kenneth Branagh est Hercule Poirot dans A HAUNTING IN VENICE de 20th Century Studios. Photo courtoisie de 20th Century Studios. © 2023 20th Century Studios. Tous droits réservés.

[Critique] A Haunting in Venice: Poirot, de retour au boulot avec brio

Après Murder On The Orient Express et Death on the Nile, le redoutable Hercule Poirot de Kenneth Branagh est de retour sur nos grands écrans avec un nouveau mystère à résoudre. Cette fois, notre fidèle détective maintenant retraité se retrouve à Venise pour enquêter un meurtre qui le force à faire ressortir son sixième sens aiguisé pour la résolution de crimes.

A Haunting in Venice (Mystère à Venise) est une adaptation de Hallowe’en Party par Agatha Christie, qui plonge dans des thématiques d’horreur et de surnaturel, ce qui offre une nouvelle dynamique bienvenue pour ce chapitre. La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit probablement du film le plus intéressant et efficace de la trilogie, avec sans aucun doute une nette amélioration en comparaison au dernier volet.

Maintenant retraité, un nouveau mystère et une ancienne amie forcent Hercule Poirot à visiter Venise pour une soirée d'Halloween qui ne se déroule pas comme prévu. C'est un meurtre inévitable qui enfermera le célèbre enquêteur dans un manoir avec une série de suspects.
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La meilleure décision qu’ait pu prendre Branagh pour ce troisième opus est d’envoyer Poirot dans ce contexte qui offre une tasse de thé délectable aux fans d’horreur avec une atmosphère à huis clos gothique, des rebondissements croustillants et des costumes d’époque qui ajoutent au charme de cette nouvelle aventure. Branagh excelle aussi bien en tant qu’acteur, avec sa performance théâtrale et son accent belge séduisant, qu’en tant que réalisateur avec ses choix de plans et son approche à l’ancienne. On peut clairement ressentir le plaisir qu’il prend des deux côtés de la caméra, et cette énergie contagieuse se transmet à l’écran.

La majorité de ce whodunit se déroule dans un prestigieux manoir dans la jolie ville italienne et la décision de filmer sur place ajoute une grande richesse au décor et à l’ambiance, contrairement au précédent Death on the Nile avec son look artificiel et décousu. A Haunting In Venice propose également une trame sonore exemplaire grâce à la talentueuse violoncelliste décorée aux Oscars Hildur Guðnadóttir (Joker). La musique complémente l’atmosphère et la cinématographie créative d’Haris Zambarloukos, qui a su apprendre de ses erreurs du précédent volet en utilisant des objectifs grand-angles, des jeux de lumière surprenants et une palette de couleurs qui s’agence avec la saison de l’épouvante.

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Une scène du film A HAUNTING IN VENICE de 20th Century Studios. Photo gracieusement fournie par 20th Century Studios. © 2023 20th Century Studios. Tous droits réservés.

Certains moments nous transportent même dans une ambiance giallo, nous rappelant ainsi le chef-d’œuvre de 1973 Don’t Look Now, et même si la qualité n’est peut-être pas au même niveau, A Haunting In Venice nage dans le fantasmagorique pour tromper la vigilance de Poirot. Son côté sceptique et son gros bon sens sont donc rudement mis à l’épreuve, même s’il est difficile d’échapper au méthodique et astucieux enquêteur. Il s’agit d’un des aspects qui rend cet opus autant divertissant que sinistre.

Dans les nouveaux venus, on découvre Michelle Yeoh (Everything Everywhere All at Once) dans le rôle d’une médium excentrique, Tina Fey (Mean Girls) dans celui d’une vieille amie du légendaire détective le forçant à sortir de sa retraite, ainsi qu’une belle brochette d’acteurs de soutien qui complémente le tout. On trouve néanmoins quelques moments plus lents dans la deuxième moitié, ce qui laisse croire que l’intrigue aurait peut-être mieux fonctionné avec une durée de 70 minutes, à l’instar des fameux épisodes de Columbo des années 1970. Néanmoins, A Haunting In Venice ne présente pas vraiment de fausses notes et amuse beaucoup.

Il est d’ailleurs rafraîchissant de voir ce type de production hollywoodienne dans le paysage blockbuster actuel et espérons que Kenneth Branagh continuera à piger dans le catalogue d’Agatha Christie pour continuer à nous divertir. À une prochaine aventure?

Note des lecteurs4 Notes
Pour les fans...
des livres d'Agatha Christie
d'atmosphère gothique et giallo
de mystère à huis clos
4
Note Horreur Québec
Horreur Québec