nope jordan peele

[Critique] Nope: Ben oui

Jordan Peele est enfin de retour. Et quel retour! Trois ans après Us, Nope (Ben non, au Québec) promet une aventure empreinte de mystère dans le désert californien. Dans l’esprit de la bande-annonce, tentons de vous résumer le film sans en gâcher l’histoire.

OJ Haywood (Daniel Kaluuya) est un éleveur de chevaux pour Hollywood. Bien que son métier soit ancré dans une longue tradition familiale, il a cependant de la difficulté à maintenir le ranch à flot. La pression exercée par son voisin, Ricky «jupe» Park (Steven Yeun), gérant d’un parc d’attraction au thème western, voulant acheter la propriété, amplifie ses inquiétudes. Sa situation se complique d’autant plus quand une série de phénomènes étranges vient bouleverser son quotidien. Avec l’aide de sa soeur Emerald (Keke Palmer) et d’Angel (Brandon Perea), un employé d’un magasin d’électronique, ils vont tenter de filmer les étranges manifestations dont ils sont témoins.
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Film de science fiction et d’horreur qui emprunte aux westerns, films de monstres, et autres inspirations Twilight Zone, Nope surprend autant qu’il conforte. On y retrouve tous les éléments d’un solide blockbuster, renforcés par l’imagination et l’humour de Peele. 

Le film trouble et déroute dès la première minute. Là où le spectateur s’attend à débuter en plein air, dans un ranch, face aux collines, nous nous retrouvons plutôt dans ce qui semble être un studio de télévision, face à un singe couvert de sang à l’air triste. Le ton est donné: Nope n’ira pas forcément dans la direction attendue. Et c’est pour le mieux. 

Peele joue justement avec habilité des codes et des références du cinéma de genre sans pour autant les tourner en dérision. Différentes séquences ne sont pas sans rappeler Close Encounters of the Third Kind (Stephen Spielberg), Signs (M. Night Shyamalan) ou encore Arrival (Denis Villeneuve). Toutefois, le film ne s’enlise pas dans ces références. Le traitement du thème principal est amené avec originalité. Peele donne en effet de la texture à son récit en déployant avec subtilité le mystère qui tourmente les protagonistes. Il n’hésite pas à nous amener sur de fausses pistes et à exploiter des histoires secondaires pour mieux nous captiver (la brutale histoire dont Yeun se fait l’excellent représentant).

Participant de cette impression générale, le scénario est d’ailleurs porté par un superbe casting. Kaluuya vole l’écran à travers son jeu calme et intense à la fois, contrastant avec l’énergie contante de Keke Palmer. Tous capturent à différents degrés tant l’effroi que l’obsession pour le spectacle et le sensationnel que les événements étranges peuvent générer. Il est difficile de ne pas affectivement s’exclamer «nope/ben non» avec eux à de multiples reprises.

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Une des forces du film se situe également dans la manière dont la cinématographie et le travail du son nous font basculer dans ce territoire étrange, tour à tour calme et bruyant, sombre et coloré, rassurant et effrayant, ouvert et fermé. Le jeu de caméra occupe l’espace de manière intéressante et suit régulièrement les yeux des protagonistes vers l’horizon et le ciel, générant une angoisse inhabituelle et permanente envers le paysage et les espaces extérieurs. Une fascination mêlée d’effroi nous habite durant toute la longueur du film.

De nouveau, Peele livre une oeuvre originale, surprenante par moments, qui emprunte des chemins qui semblent à la fois familiers et inédits. Un vrai plaisir. Un film à ne pas manquer sur grand écran, afin de profiter du spectacle dans les meilleurs conditions. 

Note des lecteurs172 Notes
Points forts
Le casting
L'histoire de Gordy
La réalisation inspirée de Peele
Points faibles
4.5
Note Horreur Québec

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