[Critique] The Beach House: la couleur venue de la mer

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3
Note Horreur Québec

Deux étudiants universitaires, Emily et Randall, organisent une escapade à la maison sur la plage appartenant aux parents de ce dernier. Le couple cherche à reconnecter mais leur tête-à-tête est interrompu par l’arrivée de Mitch et Jane, deux connaissances du père de Randall qui pensaient eux aussi pouvoir profiter de son chalet en toute quiétude. Durant une soirée haute en couleurs (induites par des drogues psychédéliques), des liens se forment entre les couples… Mais notre quatuor sera bientôt confronté à d’étranges phénomènes environnementaux qui menaceront leur vie.

Difficile de débuter la critique de The Beach House autrement que par ce constat: le film ressemble énormément à Color Out of Space, paru un peu plus tôt cette année. Troquez Nicolas Cage pour Jake Weber (Dawn of the Dead, Wendigo), la ferme d’alpagas du film de Richard Stanley pour un chalet picturesque et la couleur magenta contre de magnifiques teintes de bleu… Et vous tenez un récit aux thèmes très semblables, où un phénomène inexpliqué métamorphose l’environnement et perturbe l’esprit de nos protagonistes.

En effet, s’il n’est pas une adaptation directe de l’oeuvre d’H.P. Lovecraft, The Beach House semble très inspiré des films qui ont cherché à rendre à l’écran les écrits du célèbre auteur. Cette fois, la menace vient de la mer… Et s’inspire de véritables phénomènes de microbiologie, ici amplifiés jusqu’à en faire une catastrophe environnementale à l’ampleur apocalyptique.

Bien que l’horreur affecte le corps des personnages dans certaines séquences graphiques, le minimalisme demeure le mot d’ordre et ce jusqu’à une finale psychédélique. Jeffrey A. Brown guide le spectateur dans ce basculement entre réalité de tous les jours et horreur cosmique. Il maximise son petit budget et forge des images marquantes en exploitant l’eau, l’immensité d’une plage et son soleil écrasant, la brume épaisse, un final étouffant aux teintes ocres…

Très existentiel, le récit peine parfois à trouver son rythme. Avant que l’horreur ne s’abatte sur les personnages, les thèmes de l’intrigue nous sont longuement martelés… Allant jusqu’à faire de la protagoniste une étudiante au doctorat en astrobiologie, un domaine lié à la survie des organismes en milieux extrêmes.

The Beach House est une belle carte de visite, un premier long-métrage qui prouve les capacités de Jeffrey A. Brown à construire une ambiance, développer des thèmes intéressants et diriger des acteurs. À l’inverse des protagonistes du film, toutefois, on navigue en terrain connu. Les amateurs d’un cinéma inspiré par Lovecraft et/ou d’horreur environnementale doivent lui laisser sa chance, mais seulement après avoir visionné The Color Out of Space ou mieux encore, Annihilation.

 

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