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[Critique] Destroy All Neighbors : faire rimer efficace comédie horrifique avec jouissifs effets pratiques (et shock rock progressif!)

Z’avez envie d’une désopilante comédie horrifique, aussi salissante que débordante d’effets pratiques? Ne cherchez pas plus loin! Si en plus vous n’haïssez pas le rock progressif, on peut d’emblée certifier que Destroy All Monsters (disponible dès maintenant sur la plateforme Shudder) a été conçu exactement pour vous, chers disciples d’Horreur Québec de partout.

Bossant comme technicien dans un studio d’enregistrement, William Brown (Jonah Ray Rodrigues) est un musicien frustré, (sur)vivant avec sa copine dans un bloc appartement miteux, en tentant tant bien que mal de terminer son premier album. Sa petite vie rangée se voit déraper lorsqu’emménage dans l’appart’ d’à côté le tonitruant Vlad (Alex Winter, sous une tonne de prothèses), un soixantenaire rabougri avec un épais accent de l’Europe de l’Est. S’en suivent moult péripéties, fous rires, défis et autres retournements, impliquant démembrements, quelques décapitations et électrocutions (et même un peu de rédemption), le tout sur fond de très belle satire de l’industrie musicale.  
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Réalisé par le clippeur Josh Forbes (pour The Offspring, notamment) et coscénarisé par Mike Benner (la série animée Bob’s Burger), ce tout petit film de 85 minutes — enfin de la concision! — met en vedette Jonah Ray Rodrigues (Suitable Flesh, Satanic Hispanics, Victor Crowley) et nul autre que le Bill de Bill & Ted’s Excellent Adventure, Alex Winter (The Lost Boys, Freaked)!

Comment? Vous êtes trop jeunes pour connaître la sympathique comédie fantastique sortie en 1989 (avec un tout jeune Keanu Reeves dans le rôle de Ted)? Ce que vous devez savoir, c’est que le film est depuis devenu culte, un peu comme Freaked (1993), une formidable étrangeté réalisée par Winter, qui tient aussi le rôle principal. Après près de 30 ans passé principalement derrière la caméra en tant que réalisateur (et avoir retrouvé son Ted en 2020), Winter a repris du service en tant qu’acteur.

Et sachez que le personnage qu’il a créé est ni plus ni moins qu’incroyable! Pensez à une sorte de croisement entre le personnage incarné par Robert De Niro dans Cape Fear, Lemmy Kilmister (le regretté leader de Motörhead) et un Borat en plein coke binge!

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De maudits beaux freaks & geeks

Pour vrai, Destroy All Neighbors est une comédie horrifique foutrement réussie avec le cœur à la bonne place, qui ne craint pas de mettre ses tripes sur la table quand il le faut. Tout en faisant preuve d’un amour infini autant pour la musique électrique que les effets spéciaux. Au menu, tout pleins de freaks, de geeks, de jeux de mots et de twists plutôt originaux. Quant à Winter, il y est tout simplement pissant; sachez que le sympathique acteur est par ailleurs l’invité du mois du balado Métal Maniaques (disponible dès le 13 janvier).

Afin d’épauler Winter et Rodriguez, on retrouve une sacrée belle distribution, qui inclut entre autres Randee Heller (la Lucille de la franchise The Karate Kid) dans le rôle d’Eleanor, la proprio du bloc, alors que l’hirsute Auggie est interprété par Christian Calloway, qui a joué une tonne de de pouilleux au fil des ans (incluant dans Ted K, The House With a Clock in Its Walls et Twin Peaks S3).

Quant à Ryan Kattner, leader du groupe alternatif Man Man (et superviseur musical des séries The Exorcist et Interview With a Vampire), en plus d’être le co-compositeur de la trame sonore, il semble solidement s’éclater en jouant l’imbuvable Caleb Bang Jansen, une prétentieuse vedette folk qu’on se plait beaucoup à détester.

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Tout un show de shock rock

Tout a été mis en œuvre pour nous en mettre plein la vue : des hectolitres de latex et des tonnes de prothèses, des marionnettes et des animatroniques… jusqu’à une épique finale mettant en vedette un gargantuesque monstre de la fin et une pièce-fleuve en mode ultra-prog’. Les vrai.e.s mélomanes reconnaitront des clins d’œil aux incontournables que sont Rush, ELP, Jethro Tull, Focus et l’immense et regretté Frank Zappa, bien évidemment!

En résumant grossièrement, on pourrait avancer que Destroy All Neighbors, c’est comme si les revenants The Frighteners rencontraient les rockeurs niais d’Airheads au Studio 666. Bien que l’intrigue se déroule de nos jours, on sourit sans cesse pendant le visionnement en se remémorant des moments SFX de plusieurs classiques horrifiques d’antan, qu’ont assurément adorés Brenner et Forbes (tels que Creepshow, Re-Animator, Return of the Living Dead, An American Werewolf in London, et même UHF).

Bref, même si on ne réinvente évidemment pas la roue ici, ce serait un crime grave de bouder notre plaisir et de ne pas aller rocker avec Vlad, William, Auggie, Caleb Bang Jansen (!!!) et le reste du groupe. Vous allez voir, ils donnent tout un show! Pas mal sûr qu’Alice Cooper adorerait.

Destroy All Neighbors est disponible sur:
Note des lecteurs2 Notes
Pour les fans...
d’effets pratiques bien dégorgés
de films d’horreur qui aiment rocker
de comédies bien foutues avec le cœur à la bonne place
3.5
Note Horreur Québec

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