the black phone le telephone noir

[Critique] The Black Phone: terreur sur toute la ligne

Une famille au bord du gouffre, des enfants morts, un vilain énigmatique au visage terrifiant, Ethan Hawke, quelques scènes en 8 mm et une touche de surnaturel; Scott Derrickson reprend les éléments qui ont fait les lettres de noblesse de Sinister (lisez notre rétrospective) il y a de ça 10 ans et les recycle à bon escient dans The Black Phone (Le téléphone noir), en salle pour le long week-end de la Saint-Jean. Son acteur mentionnait en entrevue que la nouvelle production était d’ailleurs plus aboutie et plus mature que le méga-hit Blumhouse. Il n’avait pas tort.

Une vague d'enlèvements survient dans la petite communauté du Colorado. Après avoir vu une poignée de ses camarades disparaître, le jeune Finney Shaw, 13 ans, est le prochain sur la liste. Lorsqu'il se réveille dans le sous-sol insonorisé d'un kidnappeur sadique, il devra tout tenter pour s'en sortir. Peut-être que ces appels provenant du téléphone pourtant déconnecté accroché au mur de sa prison de béton pourront l'aider.
The Black Phone affiche film

The Black Phone nous transporte vers la fin des années 70, dans une période qu’on pourrait décrire comme l’âge d’or du tueur en série. Les terribles Ted Bundy et autres John Wayne Gacy défrayaient en effet les manchettes à tour de rôle en marquant ainsi l’imaginaire (et les cauchemars) de toute une génération. À ce sujet, le film dépeint on ne peut mieux l’époque des téléphones à cadran, où la police, prise de court par les événements, peinait à résoudre les disparitions faute de moyens technologiques. Ces derniers devaient parfois même se rabattre sur des moyens souvent moins… orthodoxes.

Adapté d’une nouvelle du même nom, le scénario évoque les thèmes chers à l’auteur Joe Hill (et celle de son paternel) notamment en lien avec l’enfance, le surnaturel et l’abus. La violence y est très crue, particulièrement lors des scènes de salons et de cours d’école — qui n’impliquent pourtant pas celui que les médias surnomment le Grabber. C’est que malgré la présence de fantômes et de présages, The Black Phone ancre son horreur dans un monde bien réel et tangible pour jouer avec nos nerfs, que mêmes les quelques notes d’humour habilement placées ne parviennent pas à calmer. Les amateurs de jump scares autant que ceux qui préfèrent les longues scènes de tensions insoutenables y trouveront d’ailleurs leur compte. La production à combustion lente est pourtant diablement rythmée et ne laisse pas beaucoup de répit, de sorte qu’aucun temps mort n’est à prévoir durant ces sinistres 102 minutes.

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Madeleine McGraw et Mason Thames dans The Black Phone.

La direction des jeunes acteurs est particulièrement remarquable: Mason Thames et Madeleine McGraw (Outcast), véritables stars du film, sont mémorables, notamment lors de scènes chargées en émotions. Et Hawke dans tout ça? L’acteur, au visage pratiquement toujours couvert, glace littéralement le sang avec son maniaque instable. Les intentions de son personnage toujours gardées dans l’ombre contribuent à l’incertitude du spectateur, et cette idée exploitée au niveau du masque s’avère carrément géniale visuellement — merci Tom Savini.

Même si les dénouements se révèlent plutôt conventionnels, la finale n’en demeure pas moins excessivement satisfaisante (l’ambiance de la salle en témoignait), et évite les clichés d’usage du genre. En somme, The Black Phone lance la saison des blockbusters estivaux de belle façon au coeur d’une année horrifique post-pandémique plutôt stimulante. Hâte de voir si Jordan Peele saura maintenir la cadence le mois prochain.

Note des lecteurs38 Notes
Points forts
Les jeunes acteurs.
La facture des années 70.
Ethan Hawke et ses masques.
Points faibles
Une finale routinière, quoiqu'extrêmement satisfaisante.
4
Note Horreur Québec

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