[Critique] The Outsider: King nouvel-âgeux

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3.5
Note Horreur Québec

On sait tout de suite qu’on se trouve chez Stephen King. The Outsider se déroule dans une petite ville états-unienne où tout le monde se connaît. Éventuellement, on y découvre le corps d’un enfant atrocement mutilé. Plusieurs témoins et caméras placent sur les lieux du crime Terry, le coach de baseball des jeunes de la localité. Cependant, de fortes preuves remettent aussi en question sa culpabilité, puisqu’il se trouvait à une conférence se déroulant dans une autre ville au moment du meurtre…

A-t-il un jumeau maléfique? La capacité de voyager dans le temps? Ou est-ce qu’une présence lugubre qui hante l’humanité depuis des millénaires serait la vraie responsable? Un policier local, Ralph (Ben Mendelsohn), qui se remet lui-même de la mort de son fils, enquêtera sur cette affaire insensée. Il profitera de l’aide d’Holly Gibney (Cynthia Erivo), une enquêteuse extraordinaire dont la caractérisation souffre un peu du cliché cinématographique de la super-autiste.

Avec The Outsider, le fan invétéré de Stephen King enfile une paire de confortables pantoufles. L’auteur recycle plusieurs thèmes qu’on a vu dans plusieurs de ses histoires auparavant, si bien qu’on a parfois l’impression qu’une intelligence artificielle aurait pu l’écrire en se basant sur son imposante bibliographie. Néanmoins, la série d’HBO se démarque par une solide exécution qui permet d’oublier nos griefs jusqu’à l’arrivée d’une finale un peu décevante, autre trait typique de King.

Le pilote est signé par le comédien Jason Bateman (Ozark), qui se donne également le rôle de Terry. On en regrette presque qu’il n’ait pas réalisé les dernières versions de It tant il parvient à asseoir l’ambiance de cette petite ville où la folie se met à ronger les esprits. Les premières apparitions de l’antagoniste sont très inquiétantes, du solide carburant à cauchemars.

La série profite également de son casting triple A, dont Cynthia Erivo qui confirme qu’elle est là pour rester quelques mois après sa nomination aux Oscars. Le niveau de détail dans les maniérismes de son personnage est impressionnant. Ben Mendelsohn emploie quant à lui toutes les subtilités dont on le sait capable.

Bien sûr, les récits de King sont parfaits pour le format de la mini-série. Il a tendance à mettre en scène des communautés et ses tapisseries de personnages secondaires passent souvent à la hache au cinéma. Ici, The Outsider a l’occasion de donner du poids aux différents drames humains qui se croisent au fil de son intrigue.

On imagine mal comment une version de deux heures aurait pu rendre avec autant de nuances l’évolution spirituelle de Ralph ou offrir un arc narratif digne de ce nom à Holly. Toutefois, le mystère s’étiole un peu dans la seconde moitié de la série, qui cède à un côté nouvel-âgeux verbeux caractéristique du King tardif. On navigue en territoire Doctor Sleep.

The Outsider n’est peut-être pas du grand Stephen King, mais c’en est du bon et c’est surtout une adaptation plus maîtrisée que la moyenne du travail de l’auteur. En ces temps de confinement, cette série se laisse dévorer. Profitez de votre mois gratuit de Crave pour lui donner sa chance!

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