Les fans d’horreur ont de quoi s’emballer lorsqu’ils voient le nom de Yeon Sang-ho à la barre d’un projet. Même si son Peninsula n’était pas à la hauteur de Train to Busan, il se laissait regarder avec un grand plaisir, et ce cinéaste mérite d’être surveillé.
Qu’en est-il pour The Ugly ?
Alors que son père aveugle enregistre une émission sur ses aptitudes de gravure, un jeune homme reçoit un appel téléphonique lui annonçant qu’on a retrouvé des ossements appartenant à sa mère, disparue il y a des années.
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The Ugly est certes un film d’une ampleur plus modeste, doté d’un budget plus anémique. Nous n’avons, en revanche, jamais l’impression qu’il s’agit d’une contrainte pour le cinéaste. Le scénario, écrit par Yeon et adapté de son roman graphique, mise énormément sur cette idée selon laquelle il est vraiment difficile de connaître et de comprendre quelqu’un. S’ouvrant sur la réalisation d’un documentaire visant à démystifier la personnalité du père à travers son métier de graveur de timbres, la trame bifurque très vite pour révéler que personne ne semblait réellement savoir qui était cette femme dont la disparition est possiblement criminelle.
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Il s’ensuit bien sûr un étalage de suspects qui, malheureusement, aboutira à une résolution un peu fade. Cela dit, on comprend très vite que l’intérêt de l’ensemble ne repose jamais réellement sur la clé de l’énigme, mais sur les observations humaines. On questionne la valeur des individus et la place que l’on accorde à la beauté pour définir où placer une personne sur l’échelle sociale.
La cécité du père semble très bien se conjuguer avec la laideur de cette femme disparue. On aura vite fait de comprendre que la plus grande infamie de l’histoire n’est pas la mocheté du faciès de la victime, mais la bassesse humaine. Rien de très original, mais le résultat demeure fort divertissant.
La réalisation de Yeon opte pour plusieurs choix esthétiques très intéressants qui ajoutent un certain panache à l’histoire. C’est le cas de tout ce qui touche à la mise en images de cette femme que l’on dit atteinte d’une laideur sans pareille. Le fils ne l’a jamais réellement vue puisqu’il était bébé lors de sa disparition, il y a près de quarante ans, et le père est aveugle de naissance. La mise en scène jongle merveilleusement bien avec cette idée qu’aucun des deux n’a eu accès à ce visage, et elle place le spectateur dans cette position.
La distribution est brillante à tous les niveaux. Chaque acteur joue avec nuance et avec conviction, et la mise en scène met habilement en lumière leur talent.
Au final, The Ugly n’est peut-être pas aussi soigné et nuancé que Train to Busan, mais le résultat est plus qu’acceptable, et cette histoire est prenante à suivre.
Le film est disponible en vidéo sur demande (VSD) depuis le 10 mars, avant une sortie en Blu-ray et DVD prévue pour la fin mai.


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