[Critique] «Train to Busan Presents: Peninsula»: épidémie de zombies et de larmes

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3.5
Note Horreur Québec

Les fans d’horreur ont enfin une sortie cinéma à se mettre sous la dent avec l’arrivée dans quelques salles au Québec du très attendu Peninsula — savamment rebaptisé Train to Busan Presents: Peninsula en Amérique du Nord, pour qu’on soit certain que tout le monde comprenne que le film est lié au méga-succès de 2016, Train to Busan. En manque de superproductions américaines? Sortez votre masque et misez sur le blockbuster sud-coréen pour votre dose d’excitation estivale annuelle.

Quatre ans après Train, la Corée est dévastée par l’épidémie de zombies et placée sous quarantaine. Le soldat Jung Suk se voit recruté pour retourner dans le pays déchu, maintenant relayé au statut de péninsule, et retrouver une coquette somme d’argent oubliée. En chemin, il découvrira avec son équipe de mercenaires que les morts-vivants ne sont pas le seul obstacle. Des survivants se sont aussi plutôt bien adaptés au territoire hostile.

Le cinéaste Yeon Sang-ho expliquait en entrevue que Peninsula n’est pas une suite en bonne et due forme du précédent opus. En effet, le film n’emprunte que les événements de la catastrophe, dont la genèse a également été explorée dans l’excellent Seoul Station. La rupture de ton n’est pas ici aussi notoire qu’avec l’antépisode animé, mais le style de la réalisation, qui se déconfine de son train et s’étend maintenant à la grandeur du pays, évolue vers une production encore plus orientée vers l’action. Les décors post-apocalyptiques impressionnent et les inspirations à la Mad Max se font bien sentir lors des nombreuses scènes de combats et de poursuites explosives. Nos zombies ont toujours de la difficulté à voir dans le noir, mais sont maintenant aussi attirés vers les sources des lumières; un ajout qui offre une variante plutôt excitante à ces courses de bagnoles. Attachez bien votre ceinture et ne clignez surtout pas des yeux pour ne rien manquer du spectacle survolté offert. 

Si les thèmes de pandémie et de quarantaine se retrouvent maintenant drôlement d’actualité, ceux de la famille et de la nature de l’homme figurent toujours au coeur du récit. On s’attache toutefois un peu moins aux personnages, qui s’avèrent plus unidimensionnels cette fois. Outre notre héros (Dong-Won Gang, 1987: When the Day Comes) qui tente de s’affranchir de son passé entaché, on trace une ligne bien nette entre «les bons» et «les méchants», dont les chemins se croisent de manière assez exagérée. Et si vous aviez trouvé Train to Busan mélodramatique, vous n’avez encore rien vu. Peninsula nous enfonce maintenant dans la gorge ses gros violons dès les premières scènes. Le phénomène vient presque gâcher le visionnement lors de cette finale ultra-larmoyante, qui n’en finit plus de finir.

À défaut de concurrence, Train to Busan Presents: Peninsula demeure l’événement cinéma par excellence de l’été. Le facteur divertissement est à son comble dans ce troisième volet réussi, qui nous rappelle que finalement, la pandémie pourrait être bien pire qu’un simple couvre-visage.

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