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[Fantasia 2018] «Boiled Angels: The Trial of Mike Diana»: cette non-liberté d'expression
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Le documentaire Boiled Angels: The Trial of Mike Diana nous offre l’histoire complètement hallucinante de Mike Diana, qui a été incarcéré pour avoir dessiné une bande dessinée jugée obscène et violente. En tant que fans d’horreur, nous avons tous été marginalisés à un moment ou un autre parce que l’on préférait regarder du contenu horrifiant à autre chose de plus conventionnel. Fasciné par le cinéma d’horreur, le jeune Mike a essayé (comme vous et moi, possiblement) de tourner son propre film d’épouvante. Pourtant, dessiner une BD semblait plus facile et la sienne allait le conduire en prison. L’histoire que l’on relate n’est pas sans rappeler celle du Art/Crime de Frédérick Maheux, racontant les déboires de Rémy Couture ici.

Le cinéaste Frank Henenlotter (Basket Case, Bad Biology) opte pour une approche virulente des faits qu’il tente de dénoncer avec une certaine verve critique. Étant donné sa filmographie, il ne fallait pas s’attendre à moins de sa part. Il engage le chanteur à charge politique Jello Biafra pour narrer le tout, ce qui impose une ironie colossale étant donné le passé de la star, qui semble avoir grandi dans ce que certains appellent la perversité. Dénonçant tout d’abord le sort que l’on a accordé à certaines bandes dessinées, le cinéaste bascule dans un compte-rendu excessivement intéressant entourant les comics subversifs.

L’autre véritable force du documentaire d’Henenlotter est d’avoir su choisir des intervenants qui maîtrisent l’art de la rhétorique et qui sont intéressants à écouter. L’homme aurait pu opter pour la facilité et exprimer son avis sur Diana à l’écran, puisqu’il est son grand ami dans la vie, mais ses témoins le font pour lui.

Dommage, en revanche, que plusieurs noms célèbres des participants ne soient qu’un appât, puisqu’ils ne sont que très peu à l’écran. C’est notamment le cas de Georges A. Romero qui semblait, pourtant, en avoir long à dire sur la controverse de bandes dessinées. On a même l’impression que le segment le montrant a été emprunté à un autre documentaire. Le réalisateur compense avec des interlocuteurs pertinents et leur énergie camoufle suffisamment le côté plus classique de la présentation. Racontant son histoire à la caméra, Mike Diana fait preuve d’un calme inébranlable.

Consultez notre couverture Fantasia 2018

 

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