La Saint-Valentin est souvent synonyme de boîtes de chocolats, de soupers aux chandelles et de comédies romantiques sirupeuses. Mais pour l’amateur de cinéma de genre, le 14 février est l’occasion idéale d’explorer l’autre versant de la passion : celui qui dévore, qui possède et qui détruit.
Cette année, nous avons décidé de laisser le hasard guider notre soirée. Notre roulette russe du streaming s’est arrêtée sur Shudder.
En plongeant dans leur collection thématique « Bloody Valentines », nous avons sélectionné trois titres incontournables, et une pépite bonus certifiée « culte », qui déconstruisent le mythe romantique à coups de hache et de névroses.
Voici notre sélection analytique pour une soirée où l’amour fait littéralement mal.
1.The Ugly Stepsister (2025)
Genre : Slasher / Satire sociale
Pour qui? Ceux qui préfèrent la vengeance aux contes de fées.

Débarquée directement sur la plateforme sans passé par la case cinéma chez nous (sauf au Cinéma Moderne, mais il fallait le savoir), cette production norvégienne s’impose déjà comme une relecture acide des contes de fées. Loin de la pantoufle de verre, The Ugly Stepsister s’attaque au mythe de la beauté et de la rivalité féminine avec une violence jubilatoire.
Là où le conte classique marginalise les « vilaines » sœurs, le film renverse la perspective en transformant la jalousie et la pression esthétique en un moteur horrifique puissant. C’est gore, c’est méchant, et cela résonne étrangement avec notre époque obsédée par l’image et les filtres Instagram.
Une entrée en matière brutale qui nous rappelle que dans l’horreur, « ils vécurent heureux » est souvent l’épitaphe, pas la fin.
2. Possession (1981)
Genre : Drame psychologique / Horreur corporelle
Pour qui? Les couples solides (ou ceux qui viennent de rompre).


Si The Ugly Stepsister joue la carte du fun macabre, Possession d’Andrzej Żuławski vous attrape à la gorge pour ne plus vous lâcher. C’est sans doute le film de rupture le plus intense jamais réalisé. Sam Neill et Isabelle Adjani (dans une performance primée à Cannes qui frôle l’hystérie pure) y incarnent l’agonie d’un couple qui se déchire dans un Berlin froid et divisé.
Mais Possession dépasse le simple drame conjugal pour basculer dans le cauchemar surréaliste. L’amour ici n’est pas un sentiment, c’est une maladie, une entité monstrueuse qui prend vie physiquement. La célèbre scène du métro reste, encore aujourd’hui, l’une des représentations les plus perturbantes de la douleur intérieure extériorisée.
Un choix radical pour une Saint-Valentin, rappelant que l’amour absolu confine à la folie.


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3. Daughters of Darkness (1971)
Genre : Fantastique / Érotique
Pour qui? Les esthètes et les amateurs de vampires sophistiqués.


Changeons de registre avec ce classique du cinéma belge réalisé par Harry Kümel, souvent titré Les Lèvres rouges. Ici, l’horreur se pare de velours et de glamour. Le film revisite le mythe de la comtesse Bathory à travers le prisme d’un couple de jeunes mariés croisant la route d’une mystérieuse comtesse (la sublime Delphine Seyrig) dans un hôtel désert d’Ostende.
Contrairement à la violence crue de Possession, Daughters of Darkness est une œuvre sur la séduction et la prédation douce. Le vampirisme y est une métaphore de l’émancipation et de la domination. Avec sa photographie léchée et son atmosphère onirique, le film nous interroge : sommes-nous prêts à nous perdre pour l’éternité?
C’est le film « date night » par excellence pour les cinéphiles avertis qui apprécient une horreur plus cérébrale.


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Le Bonus : Dogs Don’t Wear Pants (2019)


Dogs Don’t Wear Pants raconte l’histoire de Juha, un chirurgien cardiaque qui a perdu sa femme dans une noyade tragique. Incapable de faire son deuil, il trouve une échappatoire inattendue, et une connexion émotionnelle, dans l’univers de la domination BDSM, plus précisément par l’étranglement.
Ne vous fiez pas au synopsis qui pourrait sembler glauque : c’est un film d’une humanité bouleversante. C’est une histoire d’amour atypique, non pas entre deux personnes « normales », mais entre deux âmes brisées qui tentent de ressentir quelque chose à nouveau.
Visuellement superbe et porté par un humour noir très scandinave, ce film prouve qu’il faut parfois frôler la mort pour se sentir vivant. Une romance sombre, idéale pour les cœurs bien accrochés.


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En résumé : Que vous soyez seul, en couple ou quelque part entre les deux, cette sélection Shudder prouve qu’en horreur comme en amour, il n’y a pas de plaisir sans un peu de danger.
Bon visionnement!




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