Le meilleur de l’horreur 2018: les choix de Jean-François Croteau

J’ai vu un très grand nombre de films d’horreur cette année. Une trentaine durant le festival de Fantasia, plusieurs autres au FNC, au BITS et plusieurs en salles régulières et en VOD. On ne peut pas justifier ce que l’on aime ou non et le mandat d’un critique n’est pas d’imposer ses choix, mais de proposer une vision d’une oeuvre. Ce top 10 exclut d’excellents films qui, malgré certaines touches macabres ne me semblent pas de l’horreur. Je pense ici au délicieux suspense Searching, au délirant Bad Times at the El Royale et à l’inoubliable Under the Silver Lake. J’ai aussi décidé d’y laisser de côté tout ce qui touche à la télévision. Même s’il semble que mon avis soit minoritaire, j’ai bien aimé le dernier film du trio RKSS et je me suis ennuyé à mourir face à l’encensé Cam.

10- Summer of 84 de RKSS

Je suis de ceux qui ont adoré ce second film de l’équipe derrière Turbo Kid. L’énergie de groupe RKSS est présent, les jeunes acteurs sont excellents et la finale est délectable à souhait. Le trio a su montrer qu’il savait changer de ton.

9- Ghostland de Pascal Laugier

Malgré ses quelques failles, ce nouveau film du cinéaste de Martyr a le mérite d’assumer son statut de film de d’horreur jusqu’à la fin. Nous sommes une fois de plus confrontés à un film dérangeant qui n’a pas peur d’égratigner.

8- Gonjiam: Haunted Asylum de Jeong Beom-sik

À une époque où les found footage sont presque tous sans consistance, celui-ci est l’exception à la règle. Bien que très peu original, le film propose des scènes de terreur intenses et des personnages attachants.

7- Cutterhead de Rasmus Kloster Bro

Ce thriller possède la vigueur nécessaire pour rendre claustrophobe ceux qui sont généralement à l’aise dans des lieux restreints. La projection en devient exigeante tellement le spectateur angoisse pour les personnages coincés sous terre.

6- Unsane de Steven Soderberg

On apprécie le côté ludique du film, et l’expertise du cinéaste à tirer profit de n’importe laquelle des caméras. Claire Foy est extraordinaire et on embarque jusqu’à la fin.

5- The House That Jack Build de Lars von Trier

Le talent et les excès de Lars ne sont plus à prouver. On adore son cinéma ou on le méprise. Ce film est brutal, dérangeant et extrêmement bien ficelé. Rarement a-t-on vu l’horreur faire un aussi bon mariage avec la satire.

4- Luz de Tilman Singer

Filmé avec les moyens du bord, ce long-métrage fut une véritable bombe lors de la dernière cuvée du festival de Fantasia. Ce poème expérimental est un exercice de style réjouissant, exprimant une dextérité narrative gargantuesque.

3- Mandy de Panos Cosmatos

Ce revenge movie à la trame plus conventionnelle est une véritable leçon de cinéma. Chaque mécanisme cinématographique semble utilisé pour créer une distorsion de la réalité. Le résultat est une expérience très intense comme on en voit peu.

2- Hereditary de Ari Aster

Un film d’horreur pour adultes aussi malaisant que possible et proposant une étude psychologique fouillée, des scènes d’horreur insoutenables et une exquise réalisation. Toni Collette y tient probablement son meilleur rôle en carrière et ce cinéaste sera à suivre.

1- Halloween (2018) de David Grodon Green

Il y a peu à dire sauf qu’il s’agit du film qu’on souhaitait tous avoir à la sortie de H20. Cette suite au film original regorge de trouvailles et de clins d’œil savoureux, en plus d’être porté par la scream queen elle-même, Jamie Lee Curtis.

Mon coup de gueule

A Quiet Place de John Krasinski

Mon coup de gueule de l’année reste A Quiet Place, qui présente les effets chocs les plus gratuits possibles, que le cinéaste John Krasinski enterre derrière une prémisse muette fort intéressante, mais sans aboutissement. Les bouffonneries des personnages empêchent le suspense.

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